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Théâtre: Macbett de Ionesco, version polynésienne

le 6 novembre 2006 à 20:25  | source: Tahitipresse  | Pas de commentaire

Théâtre :  Macbett d'Eugène Ionesco mis en scène par Patricia Molié. Les comédiens, en répétition, sont issus de l'animation ou sont des éducateurs de rue. - credit: Claude Jacques - TahitipresseLa célèbre pièce de Shakespeare, Macbeth, revisitée par Eugène Ionesco, sera jouée à Tahiti pendant une vingtaine de représentations auprès d'un public scolaire et adulte. Un spectacle artistique, culturel et pédagogique mettant en scène, à la polynésienne, ce qui est sans doute la plus noire et la plus drôle des pièces d'Ionesco: une réflexion sur la folie humaine masquée par une fantaisie burlesque débridée. Musique, danse et chant polynésiens mêleront genres et cultures à cette pièce originale de l'un des auteurs majeurs du théâtre contemporain.

Il y a déjà de nombreuses années, John Mairai s'était risqué à présenter une version "maohi" du texte de Shakespeare, Macbeth, et avait su rendre avec un esthétisme certain la force primitive de ce chef-d'oeuvre du théâtre élisabéthain. Le propos de Patricia Molié n'est pas du tout le même. Bien qu'il s'agisse d'une adaptation de la pièce de Shakespeare par Eugène Ionesco, cette "adaptation" est en fait une véritable recréation sous la plume de l'un des auteurs les plus célèbres du "théâtre de l'absurde". Dans un déferlement verbal tout à fait dans la veine de l'"Ubu Roi" d'Alfred Jarry, du théâtre de boulevard à la tragédie en passant par le conte de fée, le "Macbett" d'Ionesco est l'occasion pour chacun d'une réflexion profonde sur la mécanique du pouvoir.

Un objectif de promotion du théâtre auprès des jeunes en difficulté

Cette réflexion, Patricia Molié - qui anime depuis 1993 la Compagnie Parenthèse - a voulu la mener avec un groupe d'acteurs polynésiens avec un objectif de promotion du théâtre auprès des jeunes en difficulté.
Grâce au financement du Contrat de ville, de l'EPAP (établissement pour la prévention) et du ministère de la Culture, elle travaille depuis trois mois, à raison de 30 heures par semaine, avec un petit groupe d'animateurs et d'éducateurs de rue qui ont accepté de se lancer dans l'aventure.
Le parti pris de Patricia Molié se rencontre aussi bien dans le choix des acteurs, tous Polynésiens, que dans l'habillement, les effets musicaux, les costumes et les accessoires ainsi que dans l'introduction "homéopathique", dans un d'un texte difficile, d'expressions locales - de manière à toucher le public visé qui sera en grande partie scolaire. Avec ce "classique" revisité, la petite troupe espère ainsi rendre le théâtre accessible à de nombreux jeunes.
Elle souhaite aussi toucher un public adulte et donne rendez-vous aux spectateurs pour plusieurs séances "grand public", avec l'ambition de faire passer un message d'actualité : "le pouvoir corrompt". Combien d'exemples contemporains l'on pourrait citer, de Causescu à Saddam Hussein. Il faut donc renforcer la vigilance citoyenne et éviter de pareils cas en Polynésie.
Si le message est grave, le texte et la mise en scène sont traités à la manière d'une représentation parodique et la fatalité, omniprésente, est incarnée avec dérision, l'un des protagonistes étant le fruit des amours d'un homme et... d'une gazelle, suite aux maléfices d'une sorcière.

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Le spectacle est programmé du 11 novembre au 16 décembre pour 20 représentations scolaires (collèges et lycées) suivies d'un débat, ainsi que 6 représentations publiques.
La première, soirée grand-public, aura lieu le 11 novembre à 19h30, à l'Auditorium du lycée hôtelier de Punaauia (réservations au 43 14 02).
Des places gratuites sont à la disposition de centres, foyers ou associations s'occupant de jeunes en difficulté, grâce au soutien de l'EPAP, du Contrat de Ville et du Ministère de la Culture (renseignements au 57 08 06)

CJ

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