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L'Huilerie de Tahiti passe au biocarburant

le 21 novembre 2007 à 13:50  | source: Tahitipresse  | Pas de commentaire

Un générateur de vapeur fonctionnant exclusivement à l'huile végétale de coprah a été inauguré par le président du Pays, faisant ainsi de l'Huilerie de Tahiti une pionnière en matière d'énergie verte. - credit: Claude Jacques  - TahitipresseUne grande première a eu lieu, mercredi matin, dans la zone portuaire de Papeete, à Motu Uta, où est installée l'Huilerie de Tahiti. Un générateur vapeur fonctionnant exclusivement à l'huile végétale de coprah a été inauguré par le président de la Polynésie française, faisant ainsi de cette société une pionnière en matière d'énergie verte.

Oscar Temaru, accompagné du ministre de l'Agriculture, Léon Lichtlé, et de celui des Petites et moyennes entreprises, Gilles Tefaatau, ainsi que de plusieurs responsables techniques a eu l'honneur d'une visite de l'Huilerie de Tahiti dirigée par son directeur, Gérard Raoult. "C'est la première fois qu'un président du Pays visite notre usine", a apprécié M. Raoult.

Oscar Temaru a pu découvrir le générateur de vapeur fonctionnant uniquement à l'huile de coprah, un biocarburant local, et qui est actuellement en fonctionnement de test depuis un mois. Le directeur de cet établissement dont le Pays est actionnaire à 99% était fier de présenter la mise en place de ce projet, d'autant plus que l'huilerie a failli être démantelée, en 2000, afin d'être revendue au Vanuatu.

Cette installation est "un grand pas pour l'environnement" a précisé Gérard Raoult en signalant que l'utilisation de ce biocarburant n'engendre pas de rejets de soufre, ni de monoxyde de carbone, pas plus que de protoxyde d'azote dans l'atmosphère. Ainsi, il ne contribue pas à l'augmentation de l'effet de serre et au réchauffement climatique.

Des avantages écologiques, économiques et sociaux

La décision de passer directement au biocarburant a été prise suite à la nécessité de changement d'une ancienne chaudière, en partenariat technique, notamment, avec le CIRAD. C'est l'ancien ministre de l'Agriculture, Ahiti Roomataroa, qui en 2006 avait poussé l'huilerie à se positionner sur ce créneau de biocarburant, pour des raisons écologiques mais également pour des raisons sociales et économiques: "On ne peut pas parler de développement sans parler du secteur primaire", a surenchéri le président en déplorant que les cocoteraies aient été en grande partie abandonnées depuis une quarantaine d'années. Une production supérieure d'huile de coprah permettrait d'assurer la pérennité de l'emploi et donc le maintien des populations dans les îles. Il faut savoir que le coprah apporte un revenu complémentaire pour plus de quatre mille personnes et, dans certaines îles, constitue l'unique source de revenus.

"Nous allons organiser tous les maillons de la chaîne pour mettre en place un réseau d'exploitation", a encore affirmé Oscar Temaru en précisant qu'il souhaitait que "ensemble, nous mettions tous les moyens pour rehausser le secteur primaire".

L'Huilerie de Tahiti en est actuellement à la phase de "test grandeur nature". "Si ce test est concluant, la commercialisation du biocarburant sera soumise au gouvernement" a annoncé M. Raoult. Des études du projet sont en cours au sein des différents ministères afin d'envisager tous les cas de figure, notamment à propos de sa dimension fiscale.

Un potentiel de 6 millions de tonnes par an

En activité depuis 1967, l'Huilerie de Tahiti est sous la tutelle du ministère de l'Agriculture. La production annuelle s'élève actuellement à 6200 tonnes d'huile brute de coprah par an, dont 5% seulement sont raffinés et destinés aux fabricants de monoï. Les 95% restant, soit 5900 tonnes, sont principalement écoulés sur le marché européen à des fins industrielles et entrent dans la composition notamment de certaines huiles de table, margarines ou biscuits. 250 tonnes/an, soit 1000 hectares de cocoteraies seront nécessaires pour l'alimentation de la chaudière.

Avec un potentiel de 6 millions de tonnes par an, la production de biocarburant à base d'huile de coprah ne pourra jamais remplacer le fuel importé dont la consommation est de 80 millions de tonnes par an. Mais une production renforcée permettrait de favoriser l'émergence d'une alimentation en énergie "verte" dans les îles, parallèlement à l'utilisation d'autres ressources non fossiles comme le solaire et l'éolien.

Des adaptations techniques relativement simples sont envisageables sur les chaudières fonctionnant au fuel lourd ou au gasoil. Le pouvoir calorifique de l'amande séchée de la noix de coco (coprah) est sensiblement équivalent à celui des produits pétroliers, sa composition en huile s'élevant à 70% de son poids.

CJ

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