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Île de Pâques, la forêt disparue

le 18 décembre 2008 à 18:24  | source: Tahitipresse  | Un commentaire

de: Jean-Hervé DAUDE
éditeur: JHD (2008)

Île de Pâques, la forêt disparueBeaucoup de choses sont encore à découvrir à propos de la mystérieuse Rapa Nui, nom polynésien de l'île de Pâques. L'origine du ou des peuplements, l'interprétation des statues (moai), l'écriture rongo-rongo, l'importance des sites astronomiques et des sites solaires…laissent encore de grands pans d'ombres dans la connaissance qu'on peut en avoir. Jean-Hervé Daude propose une hypothèse originale pour expliquer la disparition de sa forêt originelle.

Les premiers voyageurs européens à découvrir l'Île de Pâques, au début du XVIII ème siècle, le 5 avril 1722 très exactement, furent très surpris de constater l'existence d'une population de quatre mille âmes sur cette île éloignée de tout continent d'une distance de plus de 3 700 km (l'Amérique du Sud, en l'occurence) , l'île habitée la plus proche étant Pitcairn à plus de 2 000 km à l'ouest.

Ils furent encore plus étonnés de découvrir ces statues géantes, les fameux moaï, encore dressés ou couchés à terre, parfois brisés, qui se comptent par centaines (près de 400). Le plus grand qui ait été érigé fait 10 m de haut et pèse 75 tonnes; un des derniers restés inachevés – encore à l'état d'ébauche dans une carrière à l'intérieur de l'ancien volcan - fait 21 m de hauteur pour une masse estimée de 270 tonnes.

Le transport de blocs de basalte de telles tailles et l'élévation des moaïs resta longtemps un mystère, aucune forêt n'étant présente sur cette île, ce qu'avait déjà remarqué le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, qui lui donna son nom européen, sa découverte ayant eu lieu le jour de Pâques, un certain 5 avril 1722. En effet, sans forêt, pas de bois pour construire les systèmes de palans et de leviers qui sont indispensables pour mouvoir ces monolithes de poids imposants.

Un chercheur, biologiste évolutionniste, physiologiste et géonomiste américain, Jared Mason Diamond, a émis l'hypothèse que la dégradation importante de l'écosystème de l'île serait le fait de sa population polynésienne, au cours des siècles. Dans un ouvrage devenu un best-seller, Collapse (en français Effondrement*), il soutient que certaines civilisations, telles celles de l'île de Pâques, mais également des Mayas ou des Vikings du Groenland, sont la cause de leur propre perte en raison de leur impact sur leur environnement.

La combinaison de plusieurs facteurs déterminants

Jean-Hervé Daude ne dénie pas la possibilité pour ces populations d'avoir, à un moment donné, contribué à la dégradation de leur environnement. D'autant que, arrivées sur l'île lors de migrations effectuées à bord de grandes pirogues doubles, il semble bien qu'elles en soient ensuite devenues prisonnières, n'ayant plus les moyens de construire d'embarcations suffisamment grandes pour transporter des familles entières sur plusieurs milliers de kilomètres.

Or, les fouilles archéologiques ont démontré l'existence indiscutable de forêts importantes (traces d'incendies, pollens, etc...), ayant permis aux populations de s'installer et de vivre plusieurs siècles sur cet ancien volcan d'environ 23 km dans sa plus grande dimension, couvrant 162 km².

Combinant les conclusions de nouvelles découvertes scientifiques et des faits anciens concernant l'île de Pâques et la Polynésie dans son ensemble, l'auteur apporte un nouvel éclairage sur ce mystère. Il envisage, notamment, l'existence de plusieurs "méga El Nino" ayant entraîné de sérieux bouleversement climatiques (sécheresse, inondation, régimes de vent...) ; il étudie l'impact du rat polynésien dans la disparition des grands palmiers (une source importante de nourriture); Jean-Hervé Daude s'intéresse également aux différentes sortes de dégradations qu'ont pu faire subir à l'île les générations humaines qui s'y sont succédées, compte tenu de l'influence décisive des variations de climat et des transformations écologiques qu'on peut aujourd'hui repérer scientifiquement.

"Nous sommes persuadés que la déforestation de l'île serait due à la combinaison de plusieurs facteurs déterminants qui n'étaient jamais apparus simultanément auparavant et qui, survenus isolément, n'auraient pas eu des conséquences aussi dramatiques", conclut l'auteur dont on aura suivi avec intérêt les démonstrations appuyées par des analyses et des exemples qui permettent de lever un peu plus le voile de mystère qui entoure décidément toujours l'histoire de Rapa Nui.

Jean-Hervé Daude, juriste et sociologue de formation est artiste dans l'âme et les voyages de découverte ainsi que les anciennes civilisations font partie de ses champs d'intérêt. On retrouvera ses différentes activités, artistiques, littéraires et scientifiques, sur son site Internet: http://www.jeanhervedaude.com. Son ouvrage a été publié à compte d'auteur (JHD).

ATP

Un commentaire pour “Île de Pâques, la forêt disparue”

  1. odile a écrit: 27 juin 2009 at 19:45

    Ia orana

    Grâce à la nouvelle structure de Tahipresse, je vais réinscrire votre lien sur mon site concernant l’Île de Pâques (je l’avais enlevé car, au bout d’un certain temps on ne pouvait plus avoir accès à l’article de ce livre (pour la petite information, Jean-Hervé Daude a publié, tout récemment, un autre livre : Île de Pâques « L’empreinte des Incas), que je lis actuellement.
    Mauruuru pour cet article que je peux relire quand je veux et en en donnant la connaissance par lien sur mon site.

 
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