La secrétaire personnelle de Gaston Flosse en détention provisoire
L'instruction dans l'affaire dite de "l'annuaire OPT" s'accélère encore. Après Geffry Salmon, Alphonse Teriierooiterai, Michel Yonker, et Hubert Haddad, tous mis en examen et placés en détention provisoire, c'est au tour de la secrétaire personnelle de Gaston Flosse, Melba Ortas, d'être écrouée pour "abus de biens sociaux". Après deux jours de garde à vue, elle a été entendue par le juge d'instruction mercredi matin pour être ensuite conduite à Nuutania.
La veille -mardi- tandis qu'elle était en garde à vue, une vingtaine de policiers de la brigade financière débarquaient à la permanence du Tahoeraa huiraatira, interdisant aux personnes présentes de quitter les lieux ou de communiquer avec l'extérieur. Ils semblaient chercher des relevés de comptabilité, des ordinateurs, des "pendrive"...tout support susceptible de contenir des informations. Après quatre heures de perquisition, les enquêteurs sont repartis. Bredouilles ? Ça reste à déterminer.
Cette perquisition s'inscrit-elle dans le cadre de l'affaire dite de l'annuaire OPT, pour laquelle quatre personnes ont déjà été écrouées ? Cette affaire, où la justice reproche aux cadres de l'OPT d'avoir favorisé des contrats d'attribution des régies publicitaires aux différentes sociétés appartenant à Hubert Haddad pour l'édition des annuaires téléphoniques, remonte à 2002. C'est en tout cas ce qu'a indiqué une source policière, une autre confirmant le placement en détention provisoire de Melba Ortas pour "abus de biens sociaux".
Selon une source proche du dossier, elle aurait également été mise en examen pour "abus de confiance", "corruption active", "recel de favoritisme" et "complicité de recel de favoritisme", à l'instar de l'homme d'affaires et P-dg du groupe 2H, Hubert Haddad. Secrétaire personnelle de Gaston Flosse qu'elle suit comme son ombre depuis ses débuts en politique, elle était au plus près de l'ancien président de la Polynésie française.
Gaston Flosse est dans le collimateur. Le 16 juillet prochain, la cour d'appel rendra son verdict dans l'affaire des "sushis" de la soirée du 23 mai 2004 à la présidence. Le 17 février dernier, le tribunal correctionnel avait condamné Gaston Flosse à un an de prison avec sursis, deux millions de Fcfp d'amende pour détournements de fonds publics, et surtout, à un an d'inéligibilité. Autre affaire : celle des "emplois fictifs de la présidence" pour laquelle la chambre d'instruction rendra son verdict le 23 juillet prochain.
SD
