L'huile de coprah polynésienne en difficulté
Depuis près de trois semaines, l’Huilerie de Tahiti ne peut plus exporter en vrac son huile de coprah. Outre les difficultés que cela pose à cette entreprise, c'est tout le réseau de coprahculture qui peut être mis à mal. Des solutions alternatives sont à l'étude comme la fabrication d'agrocarburant.
En cause, le remplacement des cargos qui embarquaient l’huile pour l’Europe par des navires qui ne disposent pas de soutes alimentaires pour un chargement en vrac, par oléoduc spécialisé. Il serait techniquement possible de mettre en place un système de "Flexi-tank". Mais cela génère des coûts supplémentaires de manutention importants, et surtout des difficultés techniques de stockage, dont le réchauffement de l’huile. Il existe bien des navires spécialisés qui pourraient venir à Tahiti afin d'embarquer l'huile, mais les compagnies qui les affrètent exigent d'avoir à transporter des quantités bien trop importantes pour les capacités de production de l'usine.
L’Huilerie de Tahiti en est donc réduite à stocker sa production dans deux cuves pouvant contenir, au total, 2 800 tonnes. Mais au rythme de production actuel, celles-ci seront pleines au 15 août prochain. La construction de réservoirs supplémentaires n'est pas envisagée car l'usine manque de place et ne peut stocker l’huile pendant de longues durées, au risque d'en altérer la qualité. Il est également exclu d'exporter directement le coprah, subventionné en Polynésie française et acheté localement à un tarif bien supérieur aux cours mondiaux.
Des centaines de familles concernées
Rappelons ici que l'Huilerie de Tahiti a obligation d’acheter comptant aux coprahculteurs l’intégralité du coprah produit en Polynésie française, à un prix fixé par le conseil des ministres : un prix supérieur au cours réel du coprah sur les marchés internationaux. La Caisse de soutien des prix du coprah, créée en 1967, reverse la différence à cette société.
L'activité liée à la coprahculture concerne près de 5 000 personnes, notamment dans les archipels éloignés de Tahiti, principalement les Tuamotu. Le coprah leur apporte un revenu complémentaire et, dans certaines îles, constitue l'unique source de revenus. Les difficultés de l'Huilerie de Tahiti pour exporter son huile (95% d'une production d'environ 7 000 tonnes par an) touchent donc de nombreuses familles qui vivent principalement de cette ressource, suite à une politique volontariste de maintien des populations dans les îles.
Produire de l'agro-carburant
Ce dossier problématique a été récemment évoqué en conseil des ministres par le ministre de l'Agriculture, Frédéric Riveta, son ministère étant en charge de la tutelle de l’Huilerie de Tahiti, le Pays étant par ailleurs actionnaire à 99% de cette société anonyme.
Plusieurs pistes ont été évoquées dont celle de vendre l’huile de coprah sur le marché polynésien comme agro-carburant. Depuis octobre 2007, l’Huilerie de Tahiti fait en effet fonctionner un générateur électrique à vapeur, avec de l’huile de coprah comme carburant, en remplacement du gasoil. Des contacts ont été pris auprès de sociétés locales, dont Electricité de Tahiti, intéressées par cette ressource énergétique par ailleurs plus "propre" que les produits pétroliers.
Dans le cadre d'un développement des énergies renouvelables en Polynésie Française, l’utilisation de l’huile brute de coprah pourrait ainsi contribuer, partiellement, à une plus grande autonomie énergétique du Pays, ainsi qu'à maintenir dans leurs îles les populations qui vivent de la coprahculture.
ATP

J’aimerais beaucoup, mais beaucoup, trouver de l’huile de coco vendue par litre à usage culinaire dans nos magasins – tel que je l’utilisais constamment en Calédonie (dans les rayons depuis des décennies !).
Cela nous changerait du goût d’huile de vidange…
http://www.humanite.fr/2008-06-23_Politique_Salades-europeennes-a-l-huile-de-vidange
Elle a tellement d’autres applications :
http://www.vitabits.com/vitamins-blog/?p=5
Pensez-y ; et à 50 % des huiles importées svp !
ne pas confondre info et intox
il y a eu une fraude massive certes mais vous semblez très forts pour désinformer pas pour trouver une solution . Si les autorités de surveillance n’ont pas jugé bon de créer une psychose ce n’est pas à vous à jeter le discrédit sur les marques ou les huiles. l’info a été relayé par plusieurs médias et pas spécialement cachée. Arrêtons de jouer sur les peurs.
Par contre il est vrai que l’huilerie de Tahiti ou un partenaire devrait être prioritaire sur le marché local.
L’huilerie devrait aussi s’orienter vers des huiles de coco pressées à froid pour s’ouvrir des marchés différents et le territoire faire accélérer le classement en bio des archipels pour s’ouvrir de nouveau marchés.
C’est le malheur de la Polynésie, on met en place quelque chose et vogue la galère. Au moindre problème la machine se dérègle. Il est vrai que c’est dans l’esprit polynésien de vivre au jour le jour mais gouverner c’est prévoir.