Philip Schyle en mission dans le Pacifique afin de nouer des liens avec les Etats voisins
Dans le cadre de son déplacement en Nouvelle-Calédonie pour le sommet France-Océanie, mais également en Australie pour le Forum des îles du Pacifique, le président de l'Assemblée, Philip Schyle a souhaité rencontrer ses homologues. Objectif : nouer des relations durables afin de renforcer les liens existants. Entretien.
Tahitipresse : Vous partez vendredi matin en mission. Quelles en sont les motivations?
Philip Schyle : Je vais en mission vers l'Ouest du Pacifique, pour environ deux semaines. Principalement, au départ, pour Nouméa à l'invitation du président Nicolas Sarkozy pour le sommet France-Océanie qui sera présidé par Bernard Kouchner. Le premier motif, c'est la rencontre France-Océanie. Je voulais aussi mettre à profit cet événement pour amorcer avec mes homologues de Nouvelle-Calédonie et de Wallis & Futuna un projet de convention qui vise à établir des relations entre nos trois assemblées (…) pour défendre nos thématiques communes devant l'Etat.
Tahitipresse : Par exemple?
Philip Schyle : Prenons un exemple passé, le cas de l'ITR. Je suis convaincu que si nous avions pu nous unir, parler d'une seule voix vis à vis de l'Etat, nous aurions pu nous en sortir mieux que ce que nous avons obtenu dans le cadre de cette affaire. (...) Derrière ce projet de convention, il y a également l'idée de faire en sorte que ces trois collectivités françaises, les seules dans le Pacifique, puissent s'unir d'avantage face au reste du Pacifique qui est plutôt à dominance anglo-saxonne.
Tahitipresse : Pourquoi le faire au niveau des assemblées et non pas des gouvernements?
Philip Schyle : Le gouvernement de la Polynésie française a initié une démarche, l'année dernière. Je souhaite que cette démarche se pérennise au niveau législatif. Je pense qu'il y a une autre démarche que l'on peut engager, mais dont l'objectif est le même: créer et renforcer des liens entre nos collectivités.
Tahitipresse : Cette démarche est-elle personnelle ou est-elle demandée par les élus de l'assemblée, majorité comme opposition?
Philip Schyle : Le bureau de l'assemblée a été consulté sur ce projet-là. Sur le principe, ses membres sont tout à fait d'accord. Il est bien entendu que cette démarche, je ne fais que l'initier. Il n'y aura pas de formalisation ni de signature. En revanche, dans un deuxième temps - si mes homologues sont d'accord - on pourra organiser une cérémonie beaucoup plus officielle (...).
Tahitipresse : Dans ce projet de convention il y a un intitulé "problématiques communes". De quoi s'agit-il?
Philip Schyle : Nos trois assemblées ont à faire face à des problèmes internes communs : démographie, jeunesse, emploi, problèmes économiques. Il y a aussi des problématiques que la France nous impose. Ce qui nous oblige à faire front. L'idée c'est- plutôt que de faire front séparément comme on l'a toujours fait jusqu'à présent – de constituer un front commun en allant ensemble à Paris, par exemple, défendre d'une même voix nos positions. D'autant plus qu'on voit de plus en plus que l'Etat, compte tenu de la crise économique, est en train de nous pousser vers des mesures beaucoup plus restrictives. Ça a été le cas de l'ITR.
Tahitipresse : Et si les avis venaient à être contraires, ça ne risquerait pas de créer un dialogue compliqué?
Philip Schyle : Si, mais l'important c'est qu'il y ait un dialogue. Déjà, il faut qu'on se voit, il faut qu'on en parle. S'il y a des divergences, déjà on le sait au moins. Chacun assumera ses responsabilités. Même cette idée de dialogue, je trouve qu'elle n'existe pas vraiment entre nos trois collectivités. On reste chacun dans son coin. Par hasard, on arrive à se retrouver à Paris mais sans qui'il y ait eu de concertation et je trouve cela un peu dommage.
Tahitipresse : Avez-vous l'intention d'inviter Marie Luce Penchard à passer en Polynésie?
Philip Schyle : J'ai demandé à la rencontrer. Apparemment ce ne serait pas aussi simple, puisque Marie Luce Penchard ne resterait en Nouvelle-Calédonie que deux ou trois jours. Si j'arrive à la voir je vais effectivement lui proposer qu'elle puisse faire un petit crochet par ici, enfin qu'elle ne nous oublie pas.
Tahitipresse : D'autres rencontres ?
Philip Schyle : J'ai également prévu de rencontrer le président de l'assemblée ou du parlement de Nouvelle-Zélande. Il m'a fixé un rendez-vous à Auckland. L'objectif c'est un peu ce que je suis en train d'initier avec la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna, avec des objectifs un peu différents : c'est à dire entretenir des relations. Là aussi, faire des échanges de point de vue, d'expériences sur des problématiques qui peuvent être communes. Et puis être un complément au niveau législatif pour entretenir les relations qui sont déjà bonnes entre la Nouvelle-Zélande et la Polynésie française. Les raisons sont les mêmes quant à la rencontre avec le président du Queensland, en Australie. C'est la même démarche.
Tahitipresse : Par la suite, comptez-vous faire de même pour d'autres Etats du Pacifique?
Philip Schyle : Oui, je pense que l'objectif c'est aussi de contribuer à l'intégration de la Polynésie française dans l'ensemble du Pacifique. Concernant le reste du Pacifique, j'ai déjà été approché par le sénateur hawaiien M.English. Il m'a envoyé un courrier et souhaiterait me rencontrer (…) Je pense que cela rentre dans le rôle de l'assemblée sans pour autant empiéter sur les compétences du gouvernement.
MS

Je trouve que cette idée de dialogue avec les autres Etats du Pacifique est formidable! La communication apporte toujours de meilleurs résultats que si chacun demeure confiné dans son coin! Et le fait de pouvoir s´entretenir avec ses homologues et parler des problèmes respectifs contribue dans la plupart des cas à un enrichissement commun.
Je souhaite beaucoup de succès à M. le ministre Philip Schyle, dans ce qu´il s´est proposé! Son pays profitera pleinement de sa réussite!