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Reguela Ortas : "Nous voulons la libération de Melba"

le 3 juillet 2009 à 16:16  | source: Tahitipresse  | 4 commentaires

Famille et amis manifestent au tribunal de Papeete pour la libération de Melba ORTAS. Crédit photo : Moeata SIMONDeux jours après la mise en détention provisoire de la secrétaire particulière de Gaston Flosse, Melba Ortas dans le cadre de l'affaire "de l'annuaire de l'OPT", famille et amis ont manifesté devant le tribunal de Papeete. Enfants et petits-enfants ont fait savoir leur volonté de la voir libérée, cette dernière ne servant que "d'appât pour faire pression sur d'autres personnes". Melba Ortas devrait être entendue de nouveau lundi matin par le juge d'instruction. Ses proches seront encore là pour manifester leur soutien. Interview avec la fille de Melba, Reguela Ortas.

Tahitipresse : Peut-on revenir sur les circonstances de la garde à vue de votre mère ?

Reguela Ortas : "Ce matin-là, j'étais présente lorsque la DSP a débarqué. Enfin, ils étaient à la maison depuis six heures du matin. Je suis arrivée à neuf heures car il fallait que je vienne prendre soin de mon papa, parce qu'ils allaient prendre ma maman pour la conduire au poste, ne pouvant pas l'interroger sur place. Donc je leur ai demandé combien de temps l'audition allait durer . Ils m'ont répondu qu'ils ne savaient pas trop mais qu'ils étaient obligés de l'amener au poste".


Tahitipresse : Vous ont-ils expliqué dans le cadre de quelle affaire ils voulaient l'entendre ?

Reguela Ortas : "J'ai posé la question, mais ils n'ont rien voulu nous dire. Ils m'ont répondu que c'était professionnel".


Tahitipresse : Et comment s'est déroulée la garde à vue ? Avez-vous eu des informations ?

Reguela Ortas : "Aucune nouvelle. C'est d'ailleurs ce que je déplore. On laisse des familles sans nouvelles. Qu'ils ne veuillent pas qu'elle soit en contact avec certaines personnes, on le comprend parfaitement, il y a une enquête. Mais qu'au moins sa famille soit informée si elle va bien... qu'on puisse la voir au moins, même si on ne peut pas lui parler. Mais rien du tout. On devait juste lui apporter à manger le matin, le midi et le soir, parce qu'ils ne la nourrissaient pas, et des affaires personnelles, mais sans pouvoir la voir et sans aucune nouvelles. Je comprends que les policiers de la DSP ne puissent pas nous donner plus de renseignements. Lorsqu'on leur demandait comment elle allait, il nous répondaient que ça allait mais c'est qu'ils ne pouvaient pas nous en dire plus. Mais laisser des familles comme ça, ce n'est pas humain".


Tahitipresse : Comment avez-vous finalement appris qu'elle était placée en détention provisoire ?

Reguela Ortas : "Un autre point que je souhaite souligner, c'est que nous avons informé la DSP que nous avions pris un avocat. Je leur avais d'ailleurs donné ses contacts. Donc, le mercredi matin, j'ai appelé la DSP pour prendre des nouvelles de ma mère, et c'est là que j'ai appris qu'elle avait été transférée depuis six heures chez le juge d'instruction. J'ai demandé si son avocat avait été contacté, la personne m'a répondue ne rien pouvoir me dire. J'ai appelé immédiatement son avocat qui n'était pas informé et il s'est donc rendu de suite au tribunal pour pouvoir défendre ma maman. Mais ça aussi c'est déplorable ! Qu'on mette un avocat à sa disposition et qu'ils ne soient pas fichus de l'appeler. Moi, je pense qu'ils ont voulu lui mettre la pression avant que l'avocat n'arrive".


Tahitipresse : Depuis, avez-vous eu des nouvelles de votre mère ?

Reguela Ortas: "L'avocat l'a vue chez le juge d'instruction et nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu'elle allait bien. Mais bon, nous savons aussi qu'il nous dit ça pour nous rassurer. Mais nous, on veut la voir. J'ai fait une demande d'autorisation de visite dès hier matin (ndlr- jeudi 2 juillet), on m'a demandé de rappeler ce matin et ce n'est toujours pas signé par le juge d'instruction. Il faut que je rappelle. Mais ils ont l'intention de nous faire attendre combien de temps ?

S'ils ne veulent pas qu'elle ait de contact avec d'autres personnes, d'accord, mais qu'ils autorisent au moins sa famille, son époux qui est très malade, ses enfants, ses petits-enfants qui ne comprennent pas. D'ailleurs, personne ne comprend rien. On ne nous explique rien. Et puis surtout, on ne comprend pas ce qu'elle vient faire dans cette affaire.

C'est politisé ! Ils veulent quoi ? Pourquoi Melba ? Il y avait un ministre des Postes à l'époque, il y a eu un directeur, il y a de nombreuses personnes à entendre, et non pas Melba qui n'est que secrétaire. Depuis, on ne sait toujours rien. On voudrait bien la voir, son mari a besoin de la voir. Nous, ce qu'on veut aujourd'hui, c'est sa libération. C'est quoi cette justice ? Sans avoir été jugée elle est incarcérée. Si elle est innocente, je ne vois pas ce qu'elle fait là-bas".


Tahitipresse : Et vous personnellement, que pensez-vous de toute cette affaire ?

Reguela Ortas : "Selon moi, elle sert d'appât... Ils se servent d'elle pour leur affaire. On sait qu'à travers elle, ils essaient de faire pression sur d'autres mais ils n'ont pas à agir ainsi. S'ils n'ont pas de preuves ou de dossier sérieux, ils n'ont pas à faire pression sur elle ainsi. C'est tout ceci qu'on veut dénoncer. Ils veulent toucher certaines personnes, et en attendant, c'est elle qui est salie, c'est elle qui se trouve à Nuutania pour rien. Ils n'ont pas pensé à la famille. L'avocat a présenté des attestations des médecins de mon père soulignant la nécessité de la présence de ma mère à ses côtés pour raisons médicales. Le juge n'en a même pas tenu compte. Les deux premiers jours, lors de sa garde à vue, mon père a refusé tout soin. Nous voulons sa libération".


Tahitipresse : Quelle suite entendez-vous donner ?

Reguela Ortas : "Nous allons rencontrer de nouveau l'avocat pour voir ce que l'on peut faire. Mais il semblerait qu'elle soit entendue lundi matin. Donc nous manifesterons de nouveau pour lui montrer notre soutien et qu'elle sache que nous sommes toujours là".

MS

4 commentaires pour “Reguela Ortas : "Nous voulons la libération de Melba"”

  1. Temanea a écrit: 3 juillet 2009 at 18:17

    liberer la, c’est du n’iporte quoi, la France fais la morale au Pays qui mettent des personnes en prison sans aucune raison valable ou preuve concretes et il font pire. Tout ca pour atteindre certaine personne. Mais si vous avez aucune preuves ou autre pourquoi essayer de detruire une famille innocente. Et votre devise de la Republique alors?! LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE??? c’est que quand ca vous arrange!!

  2. 0rikosan a écrit: 4 juillet 2009 at 02:51

    Bonjour a tous,

    Mme Ortas est secretaire de qui? Gaston Flosse! Alors je ne suis pas surpris par cette incarceration. Elle connait plus de choses que nous pouvons l’imaginer et sa famille ne doit pas etre au courant mais devrait comprendre la logique de cette arrestation et de cet interrogatoire. Tous les satellites de GF n’ont cas se mefier ce seront peut etre eux qui seront a la une de la Depeche dans les prochains jours. On ne peut pas rester impuni sans cesse. Ils ont vecu comme des pachas, ont profite du systeme et des magouilles alors maintenant il faut payer. Merci au systeme judiciaire, il y a une justice pour tous et pas uniquement pour les petits tetuanui comme nous. Messieurs les juges et personnel de la brigade financiere, Continuez SVP a assainir notre paysage politique et a montrer au grand jour toutes les magouilles. Il va falloir certainement prevoir d’agrandir Nuutania et d’embaucher des gens, voila une bonne chose. Tres bon WE a vous tous.

  3. faareo a écrit: 4 juillet 2009 at 15:06

    Et oui désolé pour Mme Ortas mais certaines fréquentations sont à risques…
    Que justice soit faîtes et espérons sans « deux poids deux mesures »…

  4. 14789 a écrit: 5 juillet 2009 at 23:55

    Victime des transactions qui se déroulent au dessus de sa tête depuis longtemps, le peuple Polynésien devrait t’il réclamer à présent l’impunité de ceux qui en sont les auteurs ou complices ou comparses ?

 

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