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Armelle Merceron: " Il faut écoper avant que la pirogue ne coule"

le 19 octobre 2009 à 16:25  | source: Tahitipresse  | 8 commentaires


La ministre de la Solidarité, Armelle Merceron a réagi lundi, aux déclarations des professionnels de santé concernant la réforme du financement de l'assurance maladie. (crédit photo : Moeata SIMON - Tahitipresse)La ministre de la Solidarité, Armelle Merceron a réagi lundi, aux déclarations des professionnels de santé concernant la réforme du financement de l'assurance maladie. Ainsi, selon elle, ces mesures sont "essentielles" pour atteindre "un équilibre". Elle attend également de leur part des "efforts" pour faire des économies et ainsi éviter que "la pirogue assurance maladie ne coule". Interview.




Tahitipresse : Les médecins restent fermement opposés à la réforme que vous proposez concernant le financement de l'assurance maladie. Où en êtes- vous ?


Armelle Merceron : J'ai présenté au conseil des ministres ce matin une communication faisant le point sur le sujet et précisant à nouveau les données du problème, et la façon dont nous envisageons de le résoudre. Donc vendredi matin, nous devons signer le protocole d'accord qui est le résultat des discussions que nous avons avec les organisations patronales, les organisations salariales, ainsi que le ministère de la Santé, et qui correspond à une solution pour faire en sorte que pour l'année 2010, le déficit de l'assurance maladie ne s'aggrave pas et que nous ayons un équilibre. Et c'est sur ce point là que les professionnels de santé ne sont pas d'accord.



Tahitipresse : Mais comment fait-on pour signer un protocole d'accord si les médecins ne sont pas d'accord, s'il n'y a même pas de discussions avec les médecins ?


Armelle Merceron : D'abord, c'est un protocole d'accord entre nous : salariat, patronat et gouvernement, puisque nous sommes ensemble les gestionnaires des régimes de protection sociale. Nous avons la responsabilité de bâtir les budgets pour 2010 et les professionnels de santé, c'est vrai, ne font pas partie du conseil d'administration.



Tahitipresse : Ce protocole prévoit néanmoins une baisse des tarifs des médecins. Est- il possible de prendre cette décision sans avoir leur accord ?


Armelle Merceron : Et bien, je vous dirais que l'on envisage d'augmenter le ticket modérateur que paieront les usagers. On n'a pas fait non plus un référendum sur le sujet. Ça fait partie de nos responsabilités de dirigeants que de prendre ce genre de décision. Qu'est-ce qu'on veut ? Faire en sorte de stabiliser les choses avant d'aller chercher des solutions de fond ? Ou alors continuer à engloutir la situation. (...) Je leur ai dit que j'avais entendu leurs engagements mais que pour moi, il faut aller bien plus loin qu'un simple engagement de parole. Jusqu'à présent malheureusement, il y a des conventions qui ont été signées en janvier 2009 et qui contiennent un certain nombre de mesures à prendre, mais qui n'ont pas été prises. Alors on corrige pour le moment, mais rien n'empêche que je les vois. (…) Avant vendredi je les verrai pour qu'ils puissent dire ce qu'ils pensent, et nous, nos positions. Mais les choses sont simples : si on ne fait rien, on aura au régime des salariés presque 15 à 16 milliards Fcfp de déficit (de 126 à 134 millions d'euros environ, ndlr). Eux-mêmes finalement, ils se font harakiri, là !



Tahitipresse: Ils font des propositions qui seraient aussi efficaces sur du long terme. Ils proposent la mise en place de médicaments génériques, la baisse du taux de remboursement. Pourquoi ne pas prendre ces propositions en compte ?


Armelle Merceron : Mais c'est exactement les propositions que nous avons faites ! Quand on dit que l'usager va payer plus cher, c'est exactement ce que vous dites ! Baisser le taux de remboursement, ça nous l'avons fait. Les médicaments génériques sont déjà inclus dans les 1,740 milliard Fcfp (14,5 millions d'euros,ndlr) que nous demandons aux professionnels (de santé). Donc je suis contente parce que ça fait deux mesures sur lesquelles nous sommes d'accord.



Tahitipresse : Les médecins parlent également de supprimer les privilèges des administrés de la CPS, est-ce que vous êtes prête à le faire ?


Armelle Merceron : Je ne connais pas les privilèges des administrateurs parce que personnellement, je ne les ai jamais utilisés. Mais cela ne résoudrait pas le problème. On ne trouverait pas là 7 milliards Fcfp (58,6 millions d'euros, ndlr). Ce sont des solutions qui ne sont pas globales. Effectivement, j'ai lu des propositions, notamment des médecins, qui évoquent par exemple de ne plus rembourser les consultations pour la médecine du sport. Donc, on fait payer l'usager. Eux, quel effort font-ils ? Ils proposent de réduire les prescriptions de certains actes de biologie, donc ça veut dire qu'ils commencent déjà à être plus vertueux. Mais ça voudrait dire qu'ils n'étaient pas indispensables. Donc ça veut dire que l'on peut discuter et je trouve très bien que les médecins commencent à proposer des solutions intéressantes, et c'est pour cela que vraiment, je ne me sens pas en conflit avec eux. J'espère bien qu'on va pouvoir avoir un dialogue constructif.



Tahitipresse : Mais si les médecins vont jusqu'au déconventionnement, n'y a-t-il pas un risque de médecine à deux vitesses ?


Armelle Merceron : J'espère qu'on ne va pas aboutir à cela. Bon si ce sont des menaces, on va effectivement les considérer (…) Nous avons prévu d'ouvrir beaucoup plus largement les dispensaires et les centres médicaux. Ce qui veut donc dire que si les médecins voulaient fixer hors conventionnement des tarifs élevés, les usagers pourraient se rendre dans les centres médicaux. On envisage aussi d'ouvrir un secteur mutualiste, c'est à dire des cabinets de santé qui seraient à but non lucratif. Ce pourrait être une réponse intéressante également. Je crois que personne n'a à gagner à aller à des mesures aussi radicales que le choix par les médecins de se déconventionner.



Tahitipresse : Est-ce que selon vous, les médecins n'ont pas respecté leurs engagements stipulés dans la convention, et si oui en quoi ?


Armelle Merceron : Je dirais que tout le monde a regardé la façon de faire. Les usagers ont besoin de se responsabiliser, notamment dans leur hygiène de vie, dans leur alimentation, leur activité physique, parce que l'obésité est source de bien des difficultés, le tabagisme aussi. Sans doute que les politiques et les gestionnaires ont des responsabilités parce qu'ils n'ont pas été suffisamment fermes et rigoureux dans la maîtrise de l'évolution des dépenses de santé, et les professionnels de santé ont aussi leur part de responsabilité. Nous sommes sur la même pirogue il faut écoper avant que la pirogue ne coule. Je prends en exemple les arrêts maladie qui sont trop facilement accordés. Il paraît qu'il y aurait eu une grève où certains professionnels de santé auraient accordé des certificats d'arrêts de travail. Voilà un exemple, si c'est vrai, de ce qui devrait être corrigé. On sait que parmi les professionnels qui, dans leur grande majorité sont des gens honnêtes, il y a aussi quelques dérives et eux-mêmes le reconnaissent. On doit ensemble essayer d'améliorer les choses. Je ne suis pas du tout en guerre ou en conflit contre eux. Moi, j'ai à défendre des responsabilités et pour une fois, on ne viendra pas critiquer le politique qui veut prendre ses responsabilités même si eux considèrent que c'est déjà un peu tard. Mais mieux vaut le faire maintenant que jamais.


MS

8 commentaires pour “Armelle Merceron: " Il faut écoper avant que la pirogue ne coule"”

  1. JimboKA a écrit: 20 octobre 2009 at 09:36

    Tout le monde se rejette la balle; le gouvernement, les médecins, la cps etc. Peut être devrions nous de plus en plus responsabiliser le public et dès le plus jeune âge. Si une personne est obèse – je dis bien obèse et pas seulement un peu rondelée quoi; ben on lui donne un an pour perdre du poids sous surveillance et si au bout d’un an il n’y a pas d’évolution, on la retire de la PSG, idem pour les fumeurs. Je trouve aberrant de payer pour des irresponsables. Avec 9 milliards de déficit cette année et 7 milliards en plus l’année prochaine ou va-t-on?

  2. Montargis a écrit: 20 octobre 2009 at 10:05

    Quand un ménage est surendété on cherche d’abord a réduire les dépenses, et ensuite a augmenter les revenus.
    Et si la CPS agissait de même?
    Réduire les dépenses de fonctionnement, réduire les avantages santé et transport (ATN)des fonctionnaires (et de leur famille) de la CPS, et nous ne savons pas tout, car tout cela est « top secret ».
    Il est quand même curieux que les professionnels de santé ne fassent pas partie du conseil d’administration, Non?

  3. TOFY98 a écrit: 20 octobre 2009 at 10:07

    Je pense que notre chère Ministre devrait commander 1 rapport pour résoudre son problème. Elle doit encore avoir des contacts !!!!

  4. tomix a écrit: 20 octobre 2009 at 11:23

    en 1987, un rapport fait par un Monsieur Robert disait que la cps serait gravement dans le rouge en 2006 !

    pas faux comme prévision !

    que fait on des rapports d’expert à la CPS ???

    pour réduire le trou financier, commençons par donner l’exemple avant de tirer sur l’ambulance !!!

    - baissons les salaires des agents de la cps, moyenne de 600 000 par mois ! le rêve ou le délire ?
    - mettons les salariés de la cps sur le même pied d’égalité que les autres salariés (fini les remboursements à 100% pour le salarié et sa famille pour médecine, yeux, dent et autres et retraites + cotisations retraites identiques avec les autres salariés…) combien ces avantages coutent à la CPS chaque année ?
    - supprimons les billets administratifs également, quelques dizaines de millions d’économisés sur qq chose n’ayant plus aucune raison d’être à ce jour. Ok il y a 30 ans qd la plupart des fonctionnaires étaient des expat… mais c’est fini ce temps !
    - controlons et maîtrisons les dépenses EDT et autres OPT + vini de la CPS

    alors, avant de vouloir mettre ts les maux de la cps sur ses cotisants et les médecins, que la cps et ses organismes publiques redescendent sur terre et aient des trains de vie NORMAUX et pas pharaoniques !

  5. nono6792 a écrit: 20 octobre 2009 at 12:58

    Bonjour.
    Toujours les memes refrains…Et toujours les memes problemes recurents…Et toujours les memes plaintes qui reviennent.
    On s’en fout de qui est responsable ou pas, le resultat est la: gros trou dans la secu.
    Je ne suis ni un pro de la sante, ni au gouvernement, et neutre politiquement.
    Essayons de raisonner a un niveau plus meta-meta.
    Posons nous la question de l’interet ou pas de notre systeme de sante, et de sa gestion.
    Mettons nous du cote du salarié (et tous ceux qui cotisent ou payent des impots/taxes).
    Je me propose de donner une vision plus simple de ce probleme recurrent, avec le vocabulaire du peuple.
    Postulat: peuple = celui a qui on preleve de force (cela s’appelle impots, taxes, prelevements obligatoires, etc…) une partie de sa richesse personnelle issue de sa sueur au travail, afin de faire tourner le systeme.

    1) 1er cas de figure
    Veut-on un systeme ou tout le monde cotise, pour mettre dans un pot commun de quoi aider ceux d’entre nous qui auraient ulterieurement un probleme de sante (cela s’appelle faire du social, c.a.d en decrypté: ai-je envie de donner une partie de ma richesse personnelle pour aider ceux qui sont dans le besoin, sans en attendre en retour quoi que ce soit des autres ? En effet, je serai bien heureux de recevoir de l’aide si un jour je n’arrive pas a me payer mes soins pour x raisons valables) ?

    2) 2ieme cas de figure
    Est-ce qu’on prefere se debrouiller seul en cas de probleme de sante ulterieur, sans l’aide de qui que ce soit, quit a prendre le risque de ne pas en avoir les moyens le moment venu (chomage, dettes, desces dans la famille, …) ?
    Dans ce dernier cas, c’est le systeme americain. En effet, dans ce cas de figure, je serai bien heureux de pouvoir mettre de cote une partie de ma richesse personnelle, pour gerer moi meme mon budget sante. Au moins, je sais ou va mon argent.

    3) Analyse
    Les 2 cas de figure cites ci-dessus sont utilises dans les pays democratiques depuis deja bien longtemps.
    Ce que l’on peut en dire aujourd’hui :
    - 1er cas de figure: systeme genial en theorie, car on se dit que notre argent peut servir a ceux qui n’ont pas les moyens de se payer leurs soins. Mais ca ne marche pas, car tous les gouvernements successifs ne sont pas capables (manque de competences, manque de motivation de toute la chaine des acteurs concernes, tricherie, vol, interets personnels, …) de gerer le pot commun prelevé au peuple. Resultat: notre pot commun a ete dilapidé depuis deja bien longtemps. Consequence: le peuple doit s’attendre dans les annees a venir a ce que tous les gouvernements successifs lui preleve toujours un peu plus de sa richesse personnelle issue de sa sueur, non plus pour reconstituer le pot commun, mais plutot pour pouvoir cette fois-ci maintenir l’administration en vie. Tant pis pour le pot commun, il sera encore plus deficitaire, car il sera demande aux gouvernements futurs de resoudre ce probleme. Question: pourquoi dans ce cas de figure existe t-il toujours des SDF, et qui plus est de plus en plus nombreux ?
    - 2ieme cas de figure: systeme genial dans la theorie, car je peux mettre une partie de ma richesse personnelle dans un budget sante que je gere moi-meme. Au moins, dans ce cas, je sais ou va mon argent. Et puis tant pis pour les autres, qu’ils se debrouillent, chacun pour soit. Inconvenient: Qui me dit que dans un futur proche, j’aurai toujours les moyens financiers de subvenir a mes besoins ? Dans ce cas, je serai moi-meme SDF car les autres me diront: debrouilles toi, c’est chacun pour soit. On le voit bien, dans ce systeme, on prive une partie du peuple, pour cequi est de l’acces aux soins. Cela semble dangereux pour la survie d’une democratie (partage, valeurs, …).

    4) Conclusion
    Aucun cas de figure ne marche, cela on le constate depuis bien longtemps. On continue a payer plus d’impot, mais on ne fait rien pour changer le systeme.
    Quelle solution ?
    Changez le monde (agissez)…plutot que de vous plaindre du systeme dans lequel vous vivez et/ou grace auquel vous avez profité pendant des annees.
    On ne peut pas avoir le beurre (beneficier d’avantages de la securite sociale, ou payer moins d’impots pour vous permettre de gerer vous meme votre budget sante), et l’argent du beurre (ne pas miser dans un pot commun, ou exiger de l’aide alors qu’on a mal geré son budget sante).

    5) Debut de solution
    Au niveau macro, la famille est une petite entreprise, qui doit acquerir son independance (sante, energie, …) vis a vis de l’exterieur (administration, prestataires, …).
    Le but etant de s’inspirer des principes d’eco-citoyennete: c’est un beau metissage entre le cas de figure 1 (se mettre a plusieurs pour partager les efforts a fournir dans un objectif commun) et le cas de figure 2 (independance energetique).
    Il doit bien etre possible d’appliquer ce principe au domaine de la sante ?

    Cordialement.

  6. Bruno a écrit: 20 octobre 2009 at 13:36

    Montargis t’as raison, mais c’est pas que la CPS qui doit montrer l’exemple, c’est toute cette administration, gouvernement compris !

  7. Tiona a écrit: 20 octobre 2009 at 15:28

    Il ne fait aucun doute dans l’esprit des personnes conscieusement responsables que la faillite de cette immense entreprise de l’administration de la santé du pays, incombe en grande partie aux Chefs (les Présidents) qui auraient successivement été à la tête du fenua, dû en particulier à cette instabilité chronique et politique qu’aurait connu notre fenua sour leur administration. Car autorité présidentielle signifie à la fois honneur et responsabilité.
    Aµcune Administration d’une institution au sein d’une collectivité sociale qui serait en position de faire faillite ne peut faire passer la responsabilité ultime aux administrés, mais à la mauvaise gestion de l’institution par cette administration.
    Faire subir la responsabilité de cet échec sur l’ensemble des acteurs de la collevitité (au peuple) qui eux auraient rempli leur devoir (payer leurs taxes etc) , serait moralement injuste et inacceptable.
    La faillite de l’institution devrait être assumée pleine et entière par le Chef. Lorsqu’une société est en difficulté, on n’accuse pas les employés, mais la Direction. Celle ci serait la première à rendre le tablier: démission.
    Dans le cas de cette immense entreprise de la Santé du peuple, il ne faut aucun doute que la responsabilité ultime reviendrait au Président du pays lui-meme. Dans ce cas, en fonction de cette règle de moralité et de responsabilité politique de gestion, celui ci et son gouvernement devrait collectivement démissionner pour avoir failli à ce devoir souverain d’avoir conduit l’instiution de la Santé d’un peuple dans le gouffre social et finanicer.
    Le ferait-il ? ou bien seraient-ils encore les « petits » qui devraient toujours payé les pots cassés à la place des chefs ?
    Faaitoito!

  8. leon tautu a écrit: 21 octobre 2009 at 06:04

    Avant toute chose, recherche des économies là ou cela est possible:
    - réduction de l’ensemble des salaires de ce personnel « budget divore »,
    - suppression des divers avantages qu’ils se sont octroyés au détriment de la CPS,
    - suppression des avantages que s’octroie les membres du conseil d’administration,
    - confier la gestion de cette maison au privé,
    - changer vos mentalités de profiteurs,

    Que le gouvernement et nos élus montrent l’exemple!

    Bon courage!

 
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