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Crash d'Air Moorea : deux avocats des familles de victimes demandent une expertise psychologique

le 23 octobre 2009 à 08:40  | source: Tahitipresse  | Pas de commentaire

Mes Gérard Montigny (à droite) et Claude Lienhard (à gauche), deux avocats métropolitains, qui représentent les familles de 14 des 20 victimes du crash d'Air Moorea, ont plaidé, mercredi dernier, devant le juge de la mise en état afin d'obtenir une "expertise psychiatrique et psychologique" des proches des victimes du crash d'Air Moorea. (crédit photo : JB CALVAS - Tahitipresse)Deux avocats métropolitains, qui représentent les familles de 14 des 20 victimes du crash d'Air Moorea, du 9 août 2007, étaient à Tahiti ces jours derniers pour faire un point sur l'enquête, mais aussi demander une "expertise psychologique" des proches des disparus en vue d'évaluer le montant des indemnités qu'elles pourraient percevoir.




Mes Gérard Montigny et Claude Lienhard, tous deux avocats spécialisés dans les accidents aériens ont plaidé, mercredi dernier, devant le juge de la mise en état, donc dans le cadre d'une procédure civile, afin d'obtenir de sa part une "expertise psychiatrique et psychologique" des proches des victimes du crash d'Air Moorea.


"Les parents proches ont subi un choc émotionnel tellement brutal qu'il faut essayer de mesurer son effet. Certains, après deux ans, n'ont toujours pas réussi à reprendre le travail", explique Gérard Montigny.


En mesurant l'impact psychologique de l'entourage des disparus, les avocats pourront ainsi "déterminer les préjudices qui en découlent" et donc chiffrer leur demande d'indemnisation. Ils espèrent aussi faire fléchir les compagnies d'assurance qui rechignent souvent à mettre la main à la poche.


"Le choc émotionnel a créé des dégâts et ce sont ces dégâts qu'il faut mesurer et non pas nier comme le font généralement les assureurs des compagnies aériennes", martèle Gérard Montigny. Le tribunal devrait se prononcer sur cette requête le 9 décembre prochain.



Toute la chaîne de responsabilités a péché



Les deux avocats, qui conseillent également des familles de victimes du crash de Sharm El Sheikh ou de celles de l'accident, plus récent, aux Comores, ont en outre salué le "travail important" du juge d'instruction Philippe Redonnet mais aussi celui des "experts".


Ces derniers ont d'ailleurs rendu au magistrat leur rapport d'enquête qui soulève de nombreux manquements au sein de la compagnie domestique, mais aussi de la part des organismes de contrôle.


"On a plutôt le sentiment que toute la chaîne de responsabilités a péché (…) Une inquiétude que nous avons (…) c'est que l'on constate que, peut être, l'excès de proximité entre les organismes publics ou para-publics de contrôle externe et la compagnie a plutôt accru le risque que favorisé le contrôle", estime Me  Montigny. Et celui-ci d'ajouter : "la proximité a créé une forme de sympathie collective qui a conduit à une négligence collective, à l'inertie".



Un personnel "pas toujours surmené"



L'avocat souligne en outre "que le personnel de contrôle n'était pas toujours surmené", une disponibilité qui n'a pourtant "pas servi la sécurité".


Enfin, il s'est dit "troublé" par le fait que certains des protagonistes, dont "la responsabilité est déjà identifiée", exercent toujours. "Nous ne sommes pas certains que tous ceux qui portent aujourd'hui sur leur conscience le fait de ne pas avoir accompli convenablement leur mission (…) continuent peut être de travailler avec la même négligence".


Pour l'heure l'ordonnance de renvoi devant le tribunal n'a toujours pas été rédigée, des contre-expertises pouvant être demandées par la partie civile comme par les prévenus.


Pour les deux avocats, la tenue du procès en "octobre ou novembre 2010 serait une échéance convenable" compte tenu de l'avancement de l'instruction. Un procès attendu par les familles pour démontrer "la cause de l'accident", un "élément fondamental" pour les proches, mais aussi pour "faire progresser la sécurité aérienne".




JBC

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