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"L'affaire Pouvanaa" démontée par l'historien Jean-Marc Regnault

le 25 novembre 2009 à 17:00  | source: Tahitipresse  | Un commentaire

Jean-Marc Regnault vient de faire paraître un nouvel ouvrage consacré à Pouvanaa a Oopa. - Photo d'archives : Christian DUROCHER  - TahitipresseJean-Marc Regnault vient de faire paraître un nouvel ouvrage consacré à Pouvanaa a Oopa. Refonte complète de deux ouvrages aujourd'hui épuisés, "Le Metua et le Général", écrit en collaboration avec la magistrate Catherine Vannier, apporte beaucoup d'éléments nouveaux sur Pouvanaa et l'histoire locale. C'est aussi un plaidoyer pour sa réhabilitation.

 

 

Refonte complète de deux ouvrages aujourd'hui épuisés, 'Te Metua' et 'Pouvanaa victime de la raison d'Etat', le nouvel essai de Jean-Marc Regnault a été complété par les archives auxquelles il a eu accès, entre 2003 et juillet 2009. Il a été écrit en collaboration avec Catherine Vannier, magistrate à Papeete et aux Marquises, qui a soutenu un mémoire de DEA sur les procès de Pouvanaa à l'Université de la Polynésie française. Le livre n'est pas simplement un recueil d'Histoire, concède cependant l'historien qui explique que son objectif est de "fournir un dossier suffisamment solide pour que puisse être engagée une révision de son procès qui pourrait aboutir à une réhabilitation".

 

Des "éléments nouveaux"

 

Pouvanaa a Oopa a fait l'objet d'une mesure de grâce, en 1968, qui lui a permis de rentrer à Tahiti, alors qu'il était assigné à résidence en métropole, explique encore l'historien, et il a même été amnistié en 1969, ce qui l'a rendu à nouveau éligible. Il fut d'ailleurs élu sénateur en 1971. "Mais Pouvanaa a souhaité obtenir la réhabilitation car l'amnistie n'efface pas le fait qu'il soit toujours considéré comme coupable des faits qui lui sont reprochés en 1958 (ndlr- à savoir qu'il aurait ordonné d'incendier Papeete)", plaide Jean-Marc Regnault. Celui-ci estime ainsi que sa réhabilitation peut-être obtenue par la Chambre de révision des procès criminels de la Cour de Cassation, qui exige des "éléments nouveaux".

 

"Le livre en apporte suffisamment", précise l'historien en précisant que cet essai, "démontre que son arrestation est le résultat d'une volonté manifeste de l'Etat de l'éliminer de la vie politique". Il est aussi la démonstration "que le procès a été un procès politique dans lequel tout avait été mis en oeuvre pour que Pouvanaa soit sévèrement condamné", explique encore Jean-Marc Regnault qui précise même que "cette élimination a été voulue de façon à empêcher toute contestation de l'installation du futur CEP".

 

Le Metua et le Général : un combat inégal

 

On se souvient en effet que ce héros du nationalisme tahitien avait préconisé le "non" au référendum d'autodétermination organisé par le général de Gaulle, le 28 septembre 1958. Si la population avait voté "oui" majoritairement, souhaitant implicitement rester attachée à la France, les autorités de l'Etat craignaient toujours celui qui avait fondé un puissant parti, le Rassemblement démocratique des Populations tahitiennes (RDPT), et qui était devenu vice-président du gouvernement.

 

A ce titre, l'ouvrage - titré "Le Metua et le Général : un combat inégal" - décrit également les manifestations "de la peur qu'inspirait Pouvanaa aux plus hautes autorités de l'Etat lorsqu'il était en liberté surveillée". Ainsi, une note incluse dans le dossier du Metua, aux archives de l'Outre-mer, est significative : "La question est de savoir où Pouvanaa sera le moins nuisible", indique la note.

 

L'ouvrage de Jean-Marc Regnault et Catherine Vannier ne met cependant pas un point final à l'"affaire Pouvanaa", reconnaît l'historien qui explique qu'il existe encore des archives non consultables avant un long délai "mais qui pourraient être déclassifiées s'il existait une volonté politique émanant tout autant des responsables locaux que nationaux". Il reste encore de nombreuses pistes à explorer, les dossiers judiciaires de ses co-inculpés, par exemple, explique-t-il.

 

"La France se grandirait en rouvrant le dossier pour aboutir à la réhabilitation", conclut Jean-Marc Regnault.

 

- Les auteurs dédicaceront leur ouvrage au stand de la librairie Archipels, au Salon du Livre, à la Maison de la culture de Papeete, le samedi 28 novembre. Puis le samedi 12 décembre en matinée à la librairie du Vaima et le mercredi 16 décembre, de 14h à 17h, à la librairie Odyssey.

"Le Metua et le Général" est publié par les Editions de Tahiti.

 

CJ

Un commentaire pour “"L'affaire Pouvanaa" démontée par l'historien Jean-Marc Regnault”

  1. panda a écrit: 26 novembre 2009 at 03:55

    ENCOOOOOORE !! hey Regnault faudrait peut être penser à écrire sur un autre sujet pour changer un peu non ???

 
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