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Le monoï lève le secret de sa fabrication

le 18 novembre 2009 à 17:20  | source: Tahitipresse  | 2 commentaires

Troisième salon du monoï. Le monoï est recommandé pour garder des cheveux en bonne santé. Crédit photo : Christian DUROCHER - Tahitipresse La troisième édition du "Monoï Here", dont le salon se tient dans les jardins de la Maison de la Culture de Papeete depuis ce mercredi, lève tous les secrets de la fabrication des monoï qu'ils soient originaires des Tuamotu, des Marquises ou des îles sous le vent. Venus de toutes les îles, les spécialistes font de cette manifestation une grande fête avec démonstrations, explications et conférences.

 

 

Du 18 au 21 novembre, les acteurs de la filière du monoï tiendront salon autour de cette huile employée depuis toujours par les Polynésiens en tant que cosmétique ou remède.

Lors de l'inauguration officielle, mercredi matin, par le ministre de l'Agriculture, Fréderic Riveta, les visiteurs ont pu constater que l'ensemble des acteurs de la filière se sont joints à ce rendez-vous devenu aujourd'hui une institution.

 

 

Le monoï: Généreux et authentique

 

 

 

"Nous faisons en sorte que le monoï reste indissociable de la culture de ce pays" indique Daniel Langy, président du groupement en charge de l'organisation du salon. Et celui-ci d'ajouter: "A travers le monoï, ce sont les valeurs d'authenticité, de terroir, de générosité propre à la Polynésie que nous véhiculons".

 

Pour fournir la matière première, les récoltants de coprah (la chaire de la noix de coco indispensable à la réalisation du monoï) se sont investis dans les îles où ils reprennent de plus en plus cette activité.

 

Fait nouveau, les perliculteurs qui ont subi les revers du marché se reconvertissent en partie dans l'exploitation du coprah. Preuve en est que certains habitants des atolls du centre de l'archipel des Tuamotu et également de l'Est qui avaient un temps délaissé le coprah sont revenus à cette source de revenus.

 

 

1,7 milliard Fcfp d'aide

 

 

La production de l'huile de coprah pour cette année devrait se situer aux alentours de 6 000 tonnes exportées affirme Frédéric Riveta qui annonce la venue prochaine d'un cargo qui absorbera la production de ces trois derniers mois, soit 3 000 tonnes.

 

"En huile raffinée utilisée dans la fabrication du monoï par les professionnels de la filière, nous avons constaté une baisse de 50 tonnes sur les 300 tonnes qu'ils utilisent habituellement" remarque le ministre qui y voit là un effet de la crise économique actuelle.

 

Il a par ailleurs souligné que le gouvernement soutenait la stratégie de promotion du monoï à l'extérieur à hauteur de 50 millions Fcfp (environ 417 000 euros).

 

Cette année, il est également prévu que le gouvernement alimente la caisse de soutien du prix du coprah à hauteur de 1,7 milliard Fcfp (environ 14 millions d'euros) pour une production qui devrait atteindre 11 500 tonnes.

 

 

Consommer local

 

 

Dans son allocution le ministre a encouragé, en outre, l'utilisation localement du monoï polynésien plutôt que celui importé. "Le savoir des anciens, il faut le perpétuer et le faire vivre", a-t-il dit.

 

Le monoï a de belles années devant lui, selon Éric Vaxelaire, directeur de l'Institut du Monoï qui par ce salon compte renouer avec la tradition et faire découvrir aux jeunes générations que ce produit "n'est pas du folklore, mais aussi une culture".

 

Il attire aussi l'attention sur le développement futur du produit ainsi que sur son effet sur l'emploi au travers de la recherche fondamentale, de l'industrie cosmétique ou de l'artisanat.

 

Le monoï rapporte de surcroit des devises au territoire. En moyenne il génère un demi-milliard de Fcfp de chiffre d'affaires par an, à l'exception de cette année "où çà été un peu compliqué pour tout le monde". "On a un savoir-faire millénaire qui est authentique" souligne néanmoins Éric Vaxelaire.

 

 

Les secrets levés

 

 

A l'occasion de ce Salon, chaque visiteur peut acquérir le savoir-faire des Polynésiennes en matière de fabrication de cette huile parfumée y compris à la façon des Tuamotu, où les queues de Bernard l'hermite sont malaxées à la noix de coco râpée avant d'être abondamment parfumées pour atténuer l'odeur de cette mixture qui est, dit-on, la véritable manière de réaliser un monoï traditionnel aux vertus efficaces aussi bien pour la peau que pour les cheveux.

 

Les Marquisiennes préfèrent quant à elles employer les senteurs de leur archipel, telles que le Santal, le gingembre, la menthe, et autres ingrédients savamment dosés et mélangés.

 

Les stands des massages ne désemplissaient pas pour leur part, mercredi, et jusqu'au 21 novembre les conférenciers se succéderont pour évoquer "cet élixir" dans les domaines de la culture, mais également de l'écologie, du marketing et de la cosmétique.

 

Une nouveauté cette année, des tours de l'île du Monoï sont organisés à l'intention de tous, touristes comme résidents.

 

 


CD

2 commentaires pour “Le monoï lève le secret de sa fabrication”

  1. jptommasini a écrit: 18 novembre 2009 at 23:33

    Garder bien le secret de la fabrication du monoï et attention aux contrefaçon.
    jptommasini

  2. perlevan a écrit: 19 novembre 2009 at 22:12

    malheureusement, je suis persuadé que l’âge d’or du monoi de Tahiti AO est terminé.
    Les mono bio que l’on voit fleurir un peu partout, certains avec l’appellation de Tahiti vont « tuer » un produit dans lequel on pouvait avoir confiance, car testé. On connaissait ses qualités.
    Les nouveaux monoi profitent de l’air du temps et de la mode « bio » alors que ce ne sont que de l’huile de coprah et un ajout de parfum, avec des vertus qui ne sont que celles de l’huile de coprah. Et le bon peuple s’y laisse prendre, payant 2 fois plus cher un produit labellisé bio. Les organismes de certification se frottent les mains, le dindon comme d’habitude est le consommateur.
    Au lieu de s’entendre pour mettre en place un produit nouveau dans la ligne du monoi de Tahiti AO, certain « Polynésien » ne cherche qu’à faire e l’argent et tant pis si demain des monoi bio fleurissent de partout dans le monde

 
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