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Dérives sectaires : Georges Fenech constate une "carence institutionnelle et associative"

le 17 décembre 2009 à 18:57  | source: Tahitipresse  | 12 commentaires

Au terme d'une mission de quatre jours, le président de la MIVILUDES Georges Fenech a dressé, face à la presse, un bilan de son séjour, aux cotés de Claire Barbereau, attachée de communication au sein de cet organisme d'état. crédit photo: Claudes Jacques - TahitipresseAu terme d'une mission de quatre jours, Georges Fenech a dressé, face à la presse, un bilan de son séjour. Pour le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), "les phénomènes de dérives sectaires sont réels en Polynésie française", et "il y a une insuffisance de leur prise en compte par les pouvoirs publics".

 

Georges Fenech, dont le dernier voyage en Polynésie française remonte à 2001, a eu l'occasion de pouvoir estimer la situation, près d'une dizaine d'années plus tard. "Si le problème n'a pas explosé, il n'a pas régressé non plus", a indiqué le président de cet organisme d'Etat, dont l'une des missions est de mener "une action d’observation et d’analyse du phénomène sectaire à travers ses agissements attentatoires aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales et autres comportements répréhensibles".

 

 

"Les phénomènes de dérives sectaires sont réels, en Polynésie française"

 

 

Pour le président de la MIVILUDES, qui a rencontré les acteurs du Pays et de l'Etat, ainsi que des responsables des principales confessions religieuses (protestantes et catholiques), "les phénomènes de dérives sectaires sont réels, en Polynésie française", et celui-ci confirme le nombre d'une vingtaine de mouvements "qui posent des problèmes et qui peuvent causer des situations préjudiciables". Notamment, l'isolement d'individus inféodés à une idéologie, les connotations anxiogènes de certains discours apocalyptiques, ou encore la déscolarisation d'enfants. Georges Fenech a également constaté "une insuffisance de leur prise en compte par les pouvoirs publics". De même, l'absence d'association en mesure d'assurer l'accueil et la prise en charge des individus et des familles confrontés au phénomène, pose problème.

 

L'absence de structures de signalement des enfants non scolarisés (les communes ne sont pas informées, il n'y a donc pas de contrôle de l'enseignement qu'ils peuvent recevoir) sont, en particulier, un handicap pour le repérage de mouvements susceptibles d'être à l'origine de pratiques "dangereuses pour la liberté, l’intégrité physique et mentale et la dignité de l’homme", et contre lesquelles lutte la MIVILUDES. Les mouvements religieux ne sont pas seuls en cause. Outre des pratiques pseudo-thérapeutiques douteuses, la création d'une dépendance financière (endettement excessif pour des cours ou des stages) et l'abus de faiblesse ( y compris dans le milieu familial) sont aussi dans le collimateur de la Mission interministérielle.

 

 

Proposition de création d'une "cellule de vigilance"

 

 

Interrogé sur l'identité des groupements polynésiens présentant des caractéristiques de dérives sectaires, Georges Fenech s'y est refusé : "nous considérons que nous n'avons pas à établir de liste", justifiant sa prudence par le "souci de respecter les libertés fondamentales". Il a néanmoins indiqué avoir visité, durant son séjour, un mouvement qui, pour lui, représente "un cas d'école" : l'église du Mont Thabor, au sein de laquelle une dizaine d'enfants ne sont pas scolarisés. Il a toutefois précisé ne pas faire l'amalgame entre la formation à la culture biologique que dispense celle-ci - "à propos de laquelle il n'y a rien à dire" - et des éléments plus discutables de la vie de la communauté d'Arue, au sein de laquelle "on peut repérer cinq ou six critères de rupture sociale".

 

Au terme de sa mission, Georges Fenech a indiqué avoir rencontré le président Tong Sang et les ministres de l'Education et de la Santé. Afin de pallier aux carences rencontrées, en termes d’observation et d’analyse du phénomène sectaire en Polynésie française, il a proposé à ces autorités du Pays la création d'une "cellule de vigilance", qui pourrait se réunir deux ou trois fois par an. Cette structure pourrait travailler de manière conjointe avec la cellule similaire déjà existante, depuis juin dernier, au sein de l'administration du haut-commissariat. En 2010, la MIVILUDES est aussi à même d'envoyer des conseillers techniques capables d'assurer une formation adéquate : comment identifier une dérive sectaire ? Comment mettre en place des signaux d'alerte ? Comment lutter contre ces dérives ?

 

"Je ferai un rapport de ma mission et j'en adresserai une copie aux autorités de l'Etat et du Pays, y compris à l'institution judiciaire", a conclu le président de la MIVILUDES pour qui "la balle est dans le camp du gouvernement". En dehors du référent polynésien de l'Etat (au haut-commissariat), Georges Fenech a également indiqué que l'on pouvait interroger la Mission interministérielle en cas de doute sur tel ou tel mouvement. Il a aussi rappelé que la loi About-Picard, du 12 juin 2001, pour dénoncer l'abus de faiblesse, est applicable en Polynésie française.

 

 

En savoir plus :


Site de la MIVILUDES

CJ

12 commentaires pour “Dérives sectaires : Georges Fenech constate une "carence institutionnelle et associative"”

  1. lebororo a écrit: 17 décembre 2009 at 21:00

    Un peu surpris par quelques remarques…
    mais sûrement réelles.
    Affaire à suivre mais par qui?

  2. Jojo a écrit: 17 décembre 2009 at 21:57

    DEe toute facon compte tenu de la descentralisation ce ne peut etre que le pouvoir local. Mais en Polynesie les Temoins de Jehova ne sont pas considere comme une secte mais comme une eglise et a ce titre beneficie d’exoneration. Ca fait froid dans le dos

  3. bouba a écrit: 17 décembre 2009 at 22:33

    déscolarisation si elle est forcée ok et ruptures sociales dans quel sens?si croire en Dieu et faire Sa volonté c’est se couper du monde ,c’est avoir un esprit bien étroit!
    N’est-ce pas monsieur le renard?

  4. Jean-François MARY a écrit: 17 décembre 2009 at 22:46

    N’en déplaise au juge FENECH, ancien député et membre de la commission « OUTREAU », les oranges les bleus les verts sont des sectes !
    Quand on se fait avoir par les leaders des partis (gourous), on est membre d’une secte !!!

  5. xxl a écrit: 18 décembre 2009 at 02:46

    Tien cela me fait penser au temps pas si lointain ou Gaston Flosse souhaitait avec faste la bienvenue au mont Thabor ou encore le fait que ma belle mére obligée par un fils T de J d’aller prier et faire du proselytisme alors quelle était malade à 89 ans, elle en est morte quelques jours plus tard.
    Oui sectes et mauvais guérisseurs sont des dangers.

  6. xxl a écrit: 18 décembre 2009 at 07:51

    Pour répondre à Bouba, aurais tu par ta religion un masque qui t’empéche de voir la réalité des choses, bien sur que la croyance en soit n’est pas nuisible, mais quand elle est faite sous forme d’endoctrinement avec le rejet de tout ce qui ne croit pas comme soit c’est grave. Exemple: si tu es baptisé témoin tu es un élu et tu ne dois pas cotoyer le monde fusse t’il de ta famille et ne viens pas me dire le contraire j’y ai été confronté des années.

  7. Procka a écrit: 18 décembre 2009 at 08:56

    si en France pays sécularisé la MIVILUDES n’arrive pas a lutter les sectes que dire pour la Polynésie ou la religion interfère même sur la vie politique.
    Au fond, seul l’application dans tous les domaines, sans exception, du principe de la laïcité, plomberai les sectes.
    Hélas, il semble que même au pays de voltaire, la laïcité soit au mieux devenu un mot « vulgaire », un « anachronisme » et en règle général au niveau du « politiquement correct » un mot « tabou »

  8. Fougere a écrit: 18 décembre 2009 at 14:07

    Monsieur Fenech, allez faire du nettoyage chez vous. Laissez-nous naître libres et égaux conformément au texte sur les Droits de l’Homme. Libres de s’endoctriner pour répondre à xxl, libres aussi de refuser de se laisser endoctriner. Pourquoi faire des reproches à tous ceux & celles qui ont choisi ce mode de vie. Où est la démocratie.
    Ce monsieur Fenech ferait mieux de régler les problèmes des étrangers sur le sol métropolitain, qui s’installent avec leurs croyances pas toujours pacifiques.

  9. Tiona a écrit: 18 décembre 2009 at 20:28

    Il est bien dommage que de Monsieur n’a visité les 2 plus grandes confessions du fenua. Il aurait dû aller visiter l’ensemble des associations confessionelles du fenua, pour lui donner une idée précise, de la situation des « autres » églises au regard de sa mission d’information et d’action.
    S’il y a eu dérives de la part de ces « soi disants gurus locaux ou venus d’ailleurs », que les personnes concernées, en fasse part aux autorités compétentes.
    Or il ne faut pas oblier, Monsieur Fenech, toutes les confessions quelqu’elles soient et même institutions laiques font de l’endoctrination pure et dure ou « soft », sur leurs adeptes par des règles qui oppriment, humilient et parfois tuent au nom de la religion. Les annales de l’histoire des religions du monde en font largement écho, et ça continue à nos jours par d’autres formes et par d’autres moyens et par d’autres types de « gurus » postmodernes…
    L’appel à cette vigilence est aussi réelle à la fois pour la Polynésie et pour la France.

  10. bouba a écrit: 20 décembre 2009 at 22:23

    Alerte!Alerte!Nous avons à faire à un drôle de coco que ce Fenech,allez sur Google et vous comprendrez,il a vraiment pas peur que la foudre lui tombe sur la tête!!!

  11. ioiotua a écrit: 21 décembre 2009 at 09:03
  12. ioiotua a écrit: 21 décembre 2009 at 09:11

    ah oui, je pense qu’il doit être à la recherche d’adeptes dans sa secte anti-secte, et je pense qu’il en a trouvé ici.

    Le principe étant qu’il le gourou mental fournisseur d’idées, et d’annihiler les autres sectes pour se faire passer pour Jésus le sauveur de l’humanité des sectes.
    Why not? Tant qu’il a le soutien de l’Etat, càd de l’argent du contribuable, de nos impots, où est le problème?
    Il faudrait qu’il ballait d’abord devant sa porte, vous ne pensez pas?

    Comme dit Voltaire dans sa morale dans Candide: que chacun cultive son jardin chez soi.

    M. Fenech n’est qu’un agitateur, faiseur de trouble public, l’ignorer serait la meilleure des réponses, faire comme s’il n’existait pas ou n’est jamais venu ici.

 
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