Accueil » Actualités, Santé

La clinique Paofai toujours en sursis de fonctionnement

le 31 décembre 2009 à 11:08  | source: Tahitipresse  | Pas de commentaire

Une réunion extraordinaire du comité d'entreprise de la clinique Paofai s'est déroulée, mercredi matin, au cours de laquelle, selon le représentant du syndicat A Ti'a i mua,  le gérant de l'établissement a confirmé qu'il n'avait pas les moyens d'assurer les travaux de mise aux normes demandés par la mairie de Papeete. (photo d'archives - crédit : Jean-Baptiste Calvas)Une réunion extraordinaire du comité d'entreprise de la clinique Paofai s'est déroulée, mercredi matin, au cours de laquelle, selon le représentant du syndicat A Ti'a i mua, le gérant de l'établissement a confirmé qu'il n'avait pas les moyens d'assurer les travaux de mise aux normes demandés par la mairie de Papeete. Le syndicat appelle le gouvernement "à prendre la main".

 

 

On se souvient qu'en mai dernier, la mairie de Papeete prenait un arrêté visant à fermer progressivement la clinique Paofai si les normes de sécurité n'étaient pas mises en conformité. Après plusieurs reports, une date butoir a été fixée au 13 janvier 2010.

 

"M. Favier (le gérant de la clinique, ndlr) nous a confirmés que si, le 15 janvier la CPS ne lui donnait pas son argent, il ne pourrait rien faire", explique Gérard Coulon, du syndicat A Ti'a i Mua. "Evoquant vaguement un emprunt, M. Favier ne nous a donnés aucun élément", précise encore ce délégué syndical qui n'apprécie pas du tout la menace de fermeture partielle, voire totale, brandie par le gérant de la clinique.

 

La direction de l'établissement, contactée à ce propos, n'a pas souhaité réagir. Interrogé par La Dépêche de Tahiti, M. Favier explique au contraire, jeudi dans les colonnes du quotidien, qu'"une enveloppe de 100 millions Fcfp sera consacrée en 2010 à ces travaux de mise en conformité, auxquels s'ajouteront des dépenses de mise aux normes".

 

Une longue procédure judiciaire en cours

 

Cependant, rappelle M. Coulon, cette mise en conformité des normes de sécurité de la clinique s'inscrit dans un cadre judiciaire des plus mouvementés. Plusieurs procédures sont en cours à l'encontre de la société exploitante et des propriétaires depuis une dizaine d'années.

 

Celle-ci s'est notamment soldée par la confirmation d'une condamnation pour fraude, en novembre dernier par la cour d'appel de Nouméa, des époux Fichter - propriétaires - suite à la plainte de deux médecins de l'établissement à qui la clinique doit rembourser plus de 600 millions Fcfp. Un jugement dont M. Favier n'aurait pas pris connaissance...

 

Gérard Coulon indique par ailleurs que le tribunal mixte de commerce de Papeete avait également prononcé, en 2003, l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, "un jugement qui étend les dettes de la clinique aux dettes des Richter, les propriétaires", précise-t-il encore en demandant que cette procédure - suspendue entre temps - soit à nouveau utilisée.

 

Que le gouvernement "prenne la main"

 

Chaque année, le budget de la clinique étant assuré à plus de 90% par la CPS, celui-ci souhaite que le gouvernement "prenne la main" face à une situation qui pose un problème de santé publique. "Il existe un texte métropolitain qui, depuis 2005, permet la mise en place d'un administrateur par le gouvernement quand il y a des problèmes de financement dans les établissements de santé", veut-il faire savoir.

 

"Avec les autres syndicats, nous avons vu tous les ministres successifs pour qu'ils fassent adopter ce texte dans le code de la santé publique polynésien...", explique le syndicaliste. Et pour lui, "si le code de la santé métropolitain ne s'applique pas tel quel en Polynésie, le code pénal s'y applique quand les conditions sont remplies de la mise en danger de la vie d'autrui".

 

Et de conclure : "Pourquoi le gouvernement n'a pas pris les textes qu'on lui demandait et qui lui auraient permis de mettre cet outil aux normes ? Si les propriétaires ont été sanctionnés, pour l'instant c'est la clinique qui est sanctionnée. Il n'est pas normal qu'on fasse payer un établissement et donc le pays, et non les fraudeurs. Et puis là-dedans, s'il y a eu fraude pour les médecins, c'est qu'il y a eu aussi fraude aux impôts, fraude pour la CPS. Ca veut dire enfin qu'il y a eu fraude pour les salariés de la clinique... " Le comité d'entreprise se réunit à nouveau le 8 janvier prochain.

 

De son côté, le service de communication de la mairie de Papeete indique qu'elle communiquera ultérieurement en ce qui concerne l'état des travaux et des décisions qu'elle sera amenée à prendre.

CJ

Les commentaires sont fermés

Copyright © 2010 Agence Tahitienne de Presse. All rights reserved. Mentions légales