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A l'écoute des comités de tourisme des îles

le 30 juillet 2010 à 18:11  | source: Tahitipresse  | 3 commentaires


Le ministère du Tourisme a organisé, vendredi, une réunion de travail avec les comités de tourisme représentant 17 îles des différents archipels de la Polynésie française. L'objectif de cette réunion est de réaliser un bilan des actions de ces comités et de faire un point sur leur situation. Le ministre, Steeve Hamblin, souhaite leur redonner toute leur importance en vue de favoriser un tourisme fondé sur une culture vivante, en lien avec la population.


Les représentants de ces comités de tourisme se sont retrouvés ensemble, pour la première fois depuis 2007. L'objectif, pour le ministère, le service et le GIE qui coordonnent l'activité touristique en Polynésie française était de leur redonner toute leur importance. Ils sont en effet des relais, auprès de la population et des touristes, qui assurent l'animation dans leurs îles respectives, mais aussi la promotion des différents "produits" touristiques que peut offrir le Pays."Les comités du tourisme sont des ambassadeurs, ce sont eux qui accueillent les touristes dans nos îles. C'est donc à nous, à Papeete, d'être à l'écoute de leurs recommandations, de leurs besoins, c'est tout l'objectif de cette journée", a ainsi expliqué le ministre, Steeve Hamblin, lors d'une pause dans cette réunion, en milieu de matinée.



Si des milliards sont destinés à l'international pour la promotion de la destination, "ces comités ont été peut-être oubliés", précise encore le ministre, "et puisqu'aujourd'hui nous sommes en crise, autant favoriser la réorganisation de notre produit, le temps que la reprise se fasse, au niveau touristique". Et celui-ci de rajouter qu'il fallait arrêter "de tout décider à Papeete pour les îles".



Coordonner les projets et les moyens



Les projets ne manquent pas. Ainsi, l'île de Tubuai, dans l'archipel des Australes, souhaite mettre en avant des activités nautiques liées à la force du vent (300 jours de vent dans l'année), comme la voile et le kate surf, en mettant en place un festival dédié. Pour autant, les comités ont-ils les moyens de leurs ambitions ? Pour Heremoana Maamaatuaiahutapu , le nouveau président du conseil d'administration du GIE Tahiti Tourisme, "la réponse est claire. Non, ils n'ont déjà pas les moyens d'exister".


D'où l'importance de faire remonter l'information, de prendre connaissance des besoins structurels, logistiques, financiers et... humains de ces ces comités de tourisme dont certains, comme celui de Moorea, existent depuis près d'un quart de siècle. Mais d'autres sont en sommeil ou carrément fermés. Des îles ne disposent même pas de leur bureau du tourisme.


"Faire venir les touristes c'est une chose, s'occuper d'eux est aussi important, c'est tout l'enjeu de cette réunion", a ainsi expliqué Steeve Hamblin en précisant que la dotation de 12 millions Fcfp consacrée en 2010 pour faire vivre les comités serait "augmentée de 10 millions pour les cinq mois restants de l'année, en provenance de la DGDE".



"Il faut arrêter de faire de la promotion pour un produit vide"



Une somme qui – si elle n'est pas négligeable - ne doit pas faire oublier l'importance de l'enjeu. Ainsi, pour Heremoana Maamaatuaiahutapu, prenant l'exemple de Tubuai : "les activités nautiques autour du vent peuvent être développées, le tout est de savoir si les capacités d'accueil de l'île sont suffisantes. Et, deuxièmement, il faut savoir comment on arrive à promouvoir ce type d'activité à l'international. La pire des choses qui pourraient arriver c'est que l'on fasse de la promotion pour un "produit" qui n'existe pas".


Pour le nouveau PCA du GIE Tahiti Tourisme, issu du monde de la culture et bien décidé à en faire un argument de promotion pour la destination, "il faut arrêter de faire de la promotion pour un produit vide. L'emballage est certes beau mais maintenant mettons du contenu dans cet emballage. Il n'y a pas pire que les commentaires négatifs du bouche à oreille". Et pour lui, les atouts ne manquent pas, certains produits pouvant être très complémentaires - et non concurrents - entre les différentes îles d'un même archipel.



Pour le reste de l'année 2010, le ministère dispose en tout cas d'un fonds d'environ 16 millions Fcfp "qui vont être répartis dans toutes les îles, sans préférences, sans politique", assure le ministre qui précise : "il s'agit de pouvoir préparer l'accueil des touristes dans les îles, une démarche parallèle à celle de l'allégement de la réglementation concernant les croisières. Car, forcément, les bateaux de croisière visitent ces îles et leurs passagers sont accueillis par les comités de tourisme. Ca va également dans la droite ligne de la "loi de pays" qui est actuellement dans les tuyaux pour permettre aux habitants des îles de disposer de moyens beaucoup plus importants dans la construction et l'extension de pensions de famille".


Au-delà de l'image "lagon-vahine-cocotier", les comités de tourisme sont pour chacune des îles, les chevilles ouvrières d'un tourisme fondé sur une culture vivante, en lien avec la population.





CJ

3 commentaires pour “A l'écoute des comités de tourisme des îles”

  1. ponopatitipatititepona a écrit: 31 juillet 2010 at 08:30

    A l’écoute des comités de tourisme des îles
    Iaorana
    Encore une fois, je voudrais signaler que la presqu’île de Tahiti, Tahiti-iti a été oubliée.
    ‘’Si des milliards sont destinés à l’international pour la promotion de la destination, « ces comités ont été peut-être oubliés », précise encore le ministre, « et puisqu’aujourd’hui nous sommes en crise, autant favoriser la réorganisation de notre produit, le temps que la reprise se fasse, au niveau touristique ». Et celui-ci de rajouter qu’il fallait arrêter « de tout décider à Papeete pour les îles ».’’
    Nous serions bien sûr, très honorés d’avoir un comité du Tourisme chez nous à Tahiti iti et de ne pas dépendre également de Papeete mais le plus urgent serait de se mettre aussi à l’écoute des pensions de famille de Tahiti iti. Notre tourisme ne peut plus se contenter de réorganisation ‘’has been’’ ; il réclame de plein droit une révolution dans les mœurs, le partage et la justice. Beaucoup de se qui se prétendent Maohi ne savent même pas où se trouve Tahiti iti.
    Depuis que les Ministres du Tourisme se sont succédés, seul à ma connaissance, Monsieur Teva Rohfritsch, a daigné prendre le pouls des pensions de famille de la presqu’île.
    Reconsidérez nous et redonnez nous l’importance qui nous est due. Nous existons aussi.
    Donc, votre présence et votre visite de courtoisie s’impose à la presqu’île.
    ‘’ Ainsi, pour Heremoana Maamaatuaiahutapu, prenant l’exemple de Tubuai : « les activités nautiques autour du vent peuvent être développées, le tout est de savoir si les capacités d’accueil de l’île sont suffisantes. Et, deuxièmement, il faut savoir comment on arrive à promouvoir ce type d’activité à l’international. La pire des choses qui pourraient arriver c’est que l’on fasse de la promotion pour un « produit » qui n’existe pas ».’’
    Les activités de tous genres existent à la presqu’île : plongée, moto-cross, surf, excursions, vaa, activités autour du vent etc…
    « il faut arrêter de faire de la promotion pour un produit vide. L’emballage est certes beau mais maintenant mettons du contenu dans cet emballage. Il n’y a pas pire que les commentaires négatifs du bouche à oreille ».
    En ce qui concerne Tahiti iti, nous avons les produits mais les autorités nous confisquent l’emballage.
    ‘’Pour le reste de l’année 2010, le ministère dispose en tout cas d’un fonds d’environ 16 millions Fcfp « qui vont être répartis dans toutes les îles, sans préférences, sans politique », assure le ministre qui précise : « il s’agit de pouvoir préparer l’accueil des touristes dans les îles, une démarche parallèle à celle de l’allégement de la réglementation concernant les croisières. Car, forcément, les bateaux de croisière visitent ces îles et leurs passagers sont accueillis par les comités de tourisme. Ca va également dans la droite ligne de la « loi de pays » qui est actuellement dans les tuyaux pour permettre aux habitants des îles de disposer de moyens beaucoup plus importants dans la construction et l’extension de pensions de famille ».’’
    Les Ministres se succèdent et focalisent leurs efforts à arroser à coups de milliards les bateaux de croisière : ce fut le cas du Star Flyer.
    Les bateaux de croisière défiscalisés prennent le large pour fuir le fenua, les hôtels cherchent des acheteurs potentiels à des prix bradés, le gouvernement se met à genoux devant les princes arabes.
    Dans la crise, nous ne bronchons pas, nous sommes patients, nous misons sur un tourisme durable géré par des polynésiens et non par des arabes.
    Je n’oublierai jamais cette phrase de mon cousin Eric LEQUERRE, ancien Chef du Service des Domaines, décédé depuis, quand il évoquait la richesse que pouvait générer la perle en Polynésie tout comme le pétrole dans les pays arabes : ‘’ Victor, nous serions les arabes de l’an 2000’’.
    La réalité est toute autre, pauvre cousin, nous sommes devenus des arabes chez nous.
    Il n’y a rien de plus frustrant que de constater que le Ministre du Tourisme focalise sa priorité sur l’allégement de la réglementation concernant les croisières au lieu de satisfaire toutes les requêtes que nous avions formulées durant les somptueux forums à savoir
    -Extension des aides FDA aux îles du Vent
    -Création d’une Centrale de réservations pour les pensions de famille.
    -Exonération de TVA pour les pensions de famille, sur les véhicules utilisés pour les besoins de la pension de famille, le transfert des touristes et les véhicules et embarcations ou autres moyens destinés aux excursions.
    -Promulgation d’urgence d’une réglementation adaptée à l’attribution d’un permis lagonaire adapté pour les excursions.
    -Carburant détaxé.
    -Fiscalité plus juste suivant les secteurs géographiques, et la fréquentation touristique ;
    -Classement suivant le standing avec des structures libres pouvant comprendre à la fois des chambres simples ou des bungalows avec cuisine ou des cases dans des arbres, produit très demandé comme ce fut pour l’ancien FARE NANA’A O .
    La promotion d’un produit vide ou de la carte postale n’incombe donc pas aux pensions de famille, nous aurions préféré que les milliards gaspillés soient investis dans le pays même, pour l’aménagement des sites.
    Dans le cas où nous voulons favoriser un tourisme fondé sur une culture vivante, en lien avec la population, le site incontournable, des 3 cascades de TIAREI est tout à fait pour créer un village touristique pilote en partenariat avec les habitants de cette vallée.
    Or, le soutien de la population toute entière, relève de l’utopie puisqu’ elle mendie, se prostitue, crève de faim ou vit de chapardages. Les travailleurs sont atteints dans leur dignité, contraints à accepter des bons alimentaires ou des dons récoltés à leur insu dans les super marchés.
    « Les comités du tourisme sont des ambassadeurs, ce sont eux qui accueillent les touristes dans nos îles. C’est donc à nous, à Papeete, d’être à l’écoute de leurs recommandations, de leurs besoins, c’est tout l’objectif de cette journée »,
    Dans cette période de crise, il faudrait veiller à ce que les deniers publics ne soient utilises à satisfaire des ambitions de clientélisme personnelles, politiques.
    C’est l’ensemble des pensions qui doivent débattre sur leur avenir. En tous les cas, pour arriver à un développement harmonieux, il faudrait régler de pair, la fracture sociale et le tourisme.

  2. Tiona a écrit: 1 août 2010 at 02:01

    Que de vérité Patititepona…Quand ces incompétents au pouvoir se mettraient-ils enfin à l’écoute du peuple et de la société civile ? Combien des centaines de milliards auraient été épargnés et orientés vers ces suggestions que vous venez de citer, et relever le niveau social et de pauvreté de nos îliens…
    D’accord avec toi, comment les iliens pourraient-ils devenir un soutien dans ce tourisme alors que d’énormes fonds publics du fenua, auraient été accordés à des « multinationaux étrangers »du tourisme et depuis ceux ci se sont taillés « pleins les poches » et les iliens sont devenus comme tu l’as si bien dit « des mendiants » et dans la « misère », leur dignité bafouée et leurs besoins au quotidien oubliés et ignoré ? Le nuna ne fera jamais partie de votre programme, occupez-vous de lui d’abord, redonnez-lui sa dignité, son emploi, un faré décent, des moyens financiers décents et accessibles pour lui donner une espace de bonheur chez lui, à ce moment-là, seulement, il se tournera vers vous et rabatir le fenua quelque soit les projets…
    Faaitoito !
    NON Monsieur le Ministre, vous êtes à côté de la plaque

  3. Dermite a écrit: 1 août 2010 at 07:32

    « NON Monsieur le Ministre, vous êtes à côté de la plaque ».
    Rien que de plus normal Tiona.

    Les projets sont décidés au coup par coup, sans cohérence d’ensemble et sans vision holiste. Ce qui compte ici avant tout c’est CO-MMU-NI-QUER ; le faire à l’épate quoi.
    Dans ce contexte, il n’y a pas, il ne peut y avoir, et il n’y aura pas de miracle. Soit dit en passant, il serait peut-être plus sage de « faire », PUIS de « dire », et non l’inverse. Cela, les enfants de la pub ne savent pas faire.

 

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