Événement marquant de ce 19 mars 2005 : Virginia Teriiama a été élue à l’Académie tahitienne, Te Fare Vānaʻa, institution qui œuvre depuis 1972 pour la promotion et la sauvegarde de la langue tahitienne. Retour sur une élection qui symbolise la vitalité de la culture et de la transmission au fenua.
À Papeete, l’annonce a résonné bien au-delà des murs du Fare Vānaʻa : en ce 19 mars 2005, Virginia Teriiama a été élue au sein de l’Académie tahitienne, institution-phare pour la sauvegarde et l’enrichissement de la langue tahitienne. Cette nomination marque l’entrée d’une femme engagée et reconnue pour son action en faveur du reo mā’ohi, à la fois sur le terrain de l’éducation, de la littérature et du développement de nouvelles formes de transmission.
Dans une salle attentive, les académiciens et invités saluent la représentativité et le regard neuf qu’apporte Virginia Teriiama. Issue d’une famille investie dans la vie culturelle du fenua, elle s’est illustrée dans la défense des langues polynésiennes et la valorisation de la diversité, notamment auprès des jeunes générations. Pour l’Académie, ce choix vient renforcir la féminisation et l’évolution d’une institution longtemps perçue comme réservée aux élites et aux anciens.
La nomination de Virginia Teriiama s’inscrit à une période charnière pour l’Académie tahitienne : alors que l’institution multiplie les publications, ateliers scolaires et appels à projets pour des lexiques contemporains, elle consolide son rôle de “maison du savoir” œuvrant en réseau avec l’Académie marquisienne, l’Académie pa’umotu, les associations culturelles comme Reo Magareva et Te Reo o te Tuamotu, ainsi que le service public éducatif du Pays.
Pour la communauté linguistique, l’arrivée de Virginia Teriiama symbolise une volonté affirmée de relier l’héritage du reo mā’ohi aux défis de l’avenir, dans un esprit de transmission et d’ouverture, en cohérence avec la mission fondatrice du Fare Vānaʻa.
Virginia Teriiama, un parcours au service du reo mā’ohi
Issue d’une famille attachée à la vie culturelle du fenua, Virginia Teriiama s’est imposée au fil des années comme une figure engagée dans la préservation et la transmission de la langue tahitienne. Professeure, militante associative et autrice d’ouvrages dédiés à la culture polynésienne, elle a œuvré auprès des jeunes, notamment par le biais d’ateliers d’initiation au reo mā’ohi et au collectage des récits de grand-mères. Son élection à l’Académie vient ainsi reconnaître un engagement de terrain et une volonté de faire dialoguer la tradition et l’innovation pédagogique.
“Être élue à Fare Vānaʻa, c’est l’honneur et le devoir de porter la voix de la terre et de la mémoire au cœur du monde d’aujourd’hui”, déclarait-elle lors de son intronisation.
Avec son arrivée, l’Académie s’ouvre à un regard neuf, plus proche des réalités éducatives des archipels et des enjeux d’égalité femmes-hommes dans la sphère culturelle et linguistique du Pays.
Nouvel élan pour l’Académie tahitienne
- Renforcement de la parité et intégration de visions intergénérationnelles au sein du bureau du Fare Vānaʻa
- Collaboration accrue avec les acteurs du réseau local : Académie marquisienne, Académie pa’umotu et acteurs associatifs tel que Reo Magareva
- Déploiement de projets communs avec le service public d’éducation et le Gouvernement de la Polynésie française
Un souffle nouveau pour la transmission
Avec l’entrée de Virginia Teriiama, l’Académie tahitienne gagne une figure tournée vers l’innovation dans la transmission du reo. Parmi les axes prioritaires impulsés :
- Développement de ressources pédagogiques pour les écoles des îles
- Création d’ateliers intergénérationnels mêlant récits oraux, poésie et découvertes du patrimoine
- Sensibilisation du public à l’importance d’un bilinguisme serein dès le plus jeune âge
L’institution souhaite consolider son lien avec le service public d’éducation, les associations linguistiques partenaires, et poursuivre le travail collectif avec l’Académie marquisienne et l’Académie pa’umotu. Cette nouvelle dynamique bénéficie également aux initiatives associatives comme Te Reo o te Tuamotu et Reo Magareva, parties prenantes d’un renouveau interarchipels.
Repères institutionnels
Fondée en 1972, l’Académie tahitienne (Fare Vānaʻa) rassemble vingt membres élus et fédère un large réseau d’acteurs : Gouvernement de la Polynésie française, académies linguistiques des archipels, établissements scolaires et sociétés savantes. Sa vocation demeure la sauvegarde, l’enrichissement et la promotion du reo mā’ohi dans toutes ses dimensions.
Pour découvrir les parcours et actualités récentes : voir l’article consacré au jubilé “L’Académie tahitienne fête 50 ans de reo mā’ohi vivant”, ou suivez les prochains rendez-vous sur la page officielle de l’Académie tahitienne.