Le radeau Tangaroa accueilli à Papeete

Le radeau Tangaroa accueilli à Papeete

Un radeau en bois de balsa venu du Pérou, réplique modernisée du Kon-Tiki, a été accueilli en juillet 2006 par des danses et une foule nombreuse sur le front de mer de Papeete, avant d’être honoré sur le marae sacré de Taputapuatea à Raiatea. Cette escale polynésienne de l’expédition norvégienne Tangaroa met en lumière le dialogue entre navigation expérimentale et savoirs ancestraux du Pacifique.

Une traversée entre Pérou et Polynésie

Construit en bois de balsa au Pérou, Tangaroa a pris la mer fin avril pour un voyage expérimental de plusieurs milliers de kilomètres entre la côte sud-américaine et la Polynésie française, dans le sillage de la route empruntée par le Kon-Tiki en 1947. Porté par les vents, les courants et un système de voilure modernisé, le radeau a parcouru environ 8 500 km à travers le Pacifique pour rejoindre l’archipel.

Un projet scientifique et historique

Menée par l’explorateur norvégien Torgeir Sæverud Higraff, l’expédition vise à tester des techniques de navigation préhistoriques et à mieux comprendre la capacité des anciens navigateurs à relier l’Amérique du Sud et la Polynésie. À bord, une équipe de six hommes, dont un descendant de Thor Heyerdahl, a aussi mené des observations environnementales sur l’état du Pacifique, en partenariat avec des institutions de recherche.

Escales polynésiennes et Taputapuatea

Après avoir atteint la Polynésie, Tangaroa a d’abord fait escale dans l’archipel des Tuamotu, puis aux îles Sous-le-Vent, suivant une route qui rappelle les anciens réseaux d’échanges entre les îles. L’équipage a notamment été reçu sur le marae Taputapuatea, à Raiatea, site sacré classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et centre historique majeur de la culture polynésienne orientale.

Un symbole pour la navigation ancestrale

À Papeete, la venue du radeau a nourri les échanges entre navigateurs polynésiens et scientifiques européens autour de la renaissance de la navigation traditionnelle, sans instruments modernes, dans le Pacifique. Des associations locales ont profité de l’escale pour rappeler l’importance des savoirs maritimes ancestraux, transmis de génération en génération et toujours vivants dans les archipels.

Un destin muséal en Norvège

À l’issue de son périple, Tangaroa doit être convoyé vers la Norvège pour rejoindre une collection consacrée à Thor Heyerdahl et à la navigation en Océanie, où il sera présenté comme une réplique modernisée des radeaux précolombiens. Le projet entend ainsi créer un lien durable entre la mémoire des grandes expéditions du Pacifique et les communautés polynésiennes qui ont accueilli le radeau en 2006.

Données clés des expéditions Kon-Tiki et Tangaroa

Élément Kon-Tiki (1947) Tangaroa (2006)
Distance approximative Environ 7 000 km entre le Pérou et la Polynésie. Environ 8 500 km entre Callao et Tahiti.
Durée de la traversée Environ 101 jours en mer. Environ 93 jours, soit près d’un mois de moins.
Type de radeau Radeau en balsa à voilure simple, peu manœuvrant. Radeau en balsa avec voile carrée optimisée et planches de dérive (guaras).
Objectifs principaux Démontrer la possibilité de contacts anciens entre Amérique du Sud et Polynésie. Poursuivre l’expérimentation historique et mener des recherches environnementales dans le Pacifique.

À propos de l'auteur :

Hina
Hina Teariki

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

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