La Marianne polynésienne hissée au rang des symboles nationaux

La Marianne polynésienne hissée au rang des symboles nationaux

Pour la première fois, une Marianne polynésienne réalisée par le sculpteur Évrard Chaussoy a été dévoilée au Sénat à Paris. Un symbole fort pour le fenua, célébrant la diversité, la fierté et la reconnaissance de la culture polynésienne au cœur des institutions de la République.

Une Marianne polynésienne dévoilée à Paris

La salle d’accueil du Sénat à Paris vient d’accueillir un nouveau symbole : la Marianne polynésienne. Signée de l’artiste Évrard Chaussoy, natif de Raiatea, cette œuvre est le fruit d’un concours inédit initié par les sénateurs Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch, en partenariat avec le Syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française. C’est aussi la première fois qu’une revisite océanienne de la figure républicaine la plus connue s’invite dans les salons du Palais du Luxembourg.

Ce buste de résine, coiffé d’une tiare Tahiti, entouré de bas-reliefs évoquant les lagons, la végétation endémique, et la transmission du mana polynésien, a été dévoilé lors d’une cérémonie solennelle devant élus ultramarins, Gérard Larcher (président du Sénat), Naïma Moutchou (ministre déléguée chargée des Outre-mer), ainsi que les maires du fenua et de métropole venus pour le Congrès annuel. L’événement s’inscrit dans une volonté de célébrer la pluralité de l’identité française et de donner une visibilité sans précédent à la culture du Pacifique.

La démarche répond à une attente forte : celle de voir reconnue, par-delà l’éloignement géographique, la richesse des symboles, des histoires et des talents issus de Polynésie française. Le choix d’Évrard Chaussoy, reconnu pour son ancrage local et sa capacité à conjuguer mémoire, tradition et modernité, traduit l’engagement des institutions à associer pleinement la société polynésienne à l’imaginaire national. Cette valorisation du fenua s’accompagne d’un message politique et culturel que la rédaction de Tahiti Presse propose d’éclairer en lien avec les grandes figures du territoire, la question de l’identité politique de la Polynésie et la diversité des symboles officiels.

Un concours inédit pour représenter l’identité du fenua

Pour donner naissance à une Marianne ancrée dans la culture polynésienne, les sénateurs Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch ont lancé en 2023 un concours inédit, mobilisant le Syndicat pour la promotion des communes et l’association des maires de Polynésie française. Ce dispositif a permis à des artistes du fenua de proposer leur vision du symbole républicain, en intégrant des marqueurs culturels locaux.

« C’est une fierté pour nos archipels de voir notre histoire, notre diversité et nos valeurs traduites dans un symbole qui s’exposera au cœur du Sénat français. »
Lana Tetuanui, sénatrice de la Polynésie française

  • Concours ouvert aux artistes locaux de tous les archipels
  • Soutien institutionnel fort des maires et du secteur associatif
  • Choix du lauréat : Évrard Chaussoy (Raiatea), reconnu pour son travail de transmission et d’ancrage symbolique

Le processus a été salué pour sa capacité à fédérer, questionner et incarner l’aspiration du fenua à se voir pleinement reconnu dans la famille républicaine. Ce dialogue entre histoire, création et citoyenneté fait également écho aux débats sur l’indépendance de la Polynésie française, en soulignant que les symboles évoluent et fédèrent au-delà des horizons politiques.

La symbolique de la Marianne polynésienne

Plus qu’un simple buste, la Marianne polynésienne porte une identité. Imaginée et façonnée par Évrard Chaussoy, elle se distingue par ses cheveux ondulés, sa fleur de tiare Tahiti à l’oreille, et de riches bas-reliefs où s’entremêlent motifs polynésiens, lagons, pirogues et végétaux endémiques.

Élément Signification
Fleur de tiare Tahiti Symbole de beauté, d’accueil et de fierté locale
Cheveux longs et ondulés Évocation des racines océaniennes
Bas-reliefs (lagon, pirogue, végétaux) Mise à l’honneur de la nature, du voyage, de la culture du fenua
Regard droit vers l’avenir Ouverture et espérance d’une République inclusive

Ce choix artistique, validé par un large jury issu du fenua, répond à la volonté d’exprimer une identité polynésienne fière et universelle. Il offre aussi l’occasion d’explorer les autres emblèmes officiels qui unissent et distinguent la population locale, comme le drapeau de Tahiti, lui aussi porteur d’histoire et de sens.

Fierté, diversité et résonances locales

Le dévoilement de la Marianne polynésienne a été salué avec émotion au fenua : sur les réseaux sociaux, dans les médias locaux et lors de réunions associatives, l’événement a amplifié la fierté d’appartenir à une communauté riche de ses traditions et reconnue par la République.

« Voir la culture du fenua représentée au Sénat, c’est la preuve que notre histoire, nos luttes et notre diversité deviennent sources d’union », souligne une habitante de Raiatea.

  • Des jeunes aux aînés, chacun exprime le sentiment de voir leur identité valorisée sur la scène nationale.
  • Les archipels et les communes du fenua se sentent impliqués grâce au vote et au soutien du concours.
  • L’événement révèle aussi la capacité des artistes locaux à porter un message universel, facteur de dialogue entre Outre-mer et Hexagone.

Cette dynamique trouve un écho particulier avec l’exposition « Opuhara et la bataille de Fe’i Pi » qui vient de se tenir à l’Assemblée de la Polynésie française en novembre. Elle rappelle combien l’histoire des symboles se nourrit des engagements locaux, des actes de mémoire et de ces moments fondateurs qui façonnent l’identité collective du fenua.

La Marianne polynésienne au cœur du Sénat

Désormais installée dans les salons d’accueil du Sénat à Paris, la Marianne polynésienne côtoie les plus hautes institutions de la République. Elle a été inaugurée officiellement à l’occasion du Congrès des maires en présence de Gérard Larcher (président du Sénat), Naïma Moutchou (ministre déléguée chargée des Outre-mer) et de nombreux élus du fenua.

Ce buste devient ainsi un repère pour les visiteurs et une source d’inspiration pour d’autres collectivités ultramarines. Le dispositif prévoit une visibilité durable, permettant à la Polynésie française de rayonner au cœur de la vie institutionnelle hexagonale, et d’offrir à chaque passage un rappel fort de l’attachement à ses racines.

À travers cette reconnaissance, c’est toute une génération d’artistes, d’élus et de citoyens polynésiens qui trouve une place nouvelle dans l’imaginaire républicain – prolongeant la dynamique de visibilité et d’ouverture aux multiples facettes du fenua.

À propos de l'auteur :

Hina
Hina Teariki

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

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