Le 20 novembre devient officiellement jour férié en Polynésie française pour célébrer le Matari’i i ni’a, fête de l’abondance et du retour de la saison d’opulence. Une reconnaissance symbolique et culturelle qui s’accompagne d’une grande parade à Papeete et de célébrations à Tautira, berceau de cette tradition.
Le Matari’i i ni’a 2025 entre dans l’histoire cette année : pour la première fois, la fête de l’abondance est inscrite comme jour férié officiel en Polynésie française. Cet ancrage dans le calendrier civil marque la reconnaissance d’un repère ancestral, célébrant le retour de la prospérité lorsque les Pléiades (Matari’i) réapparaissent dans le ciel austral.
Instaurée par le gouvernement de la Polynésie française et portée par la vice-présidente Éliane Tevahitua, alors ministre de la Culture, cette décision confirme une volonté politique de raviver les calendriers traditionnels et d’affirmer une identité propre au fenua. « Matari’i i ni’a nous relie à la nature, à la mer, à la terre et à la communauté », souligne-t-elle, saluant l’implication du Conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF) et des communes dans les festivités.
À Papeete, un grand défilé de chars fleuris transformera le front de mer en fresque vivante de la culture polynésienne. Costumes, orero, chants et ma’a tahiti collectifs rythmeront la journée, sous l’œil des troupes du Heiva et des associations culturelles. Ce rendez-vous solidaire et joyeux rappellera les moments d’unité vécus lors des festivités du Heiva i Tahiti 2025, ancrant définitivement Matari’i i ni’a dans le grand cycle des célébrations du fenua.
Plus au sud, à Tautira, les cérémonies culturelles et spirituelles orchestrées par l’association Haururu prolongeront la fête dans une ambiance plus intime et symbolique. Des ateliers d’astronomie culturelle et de savoirs anciens permettront aux familles de redécouvrir le sens profond de cette période : le partage de l’abondance, l’équilibre retrouvé entre les hommes et les éléments, et la gratitude envers la nature.
Cette renaissance du Matari’i i ni’a réaffirme ainsi la continuité entre passé et présent, entre science du ciel et culture de la terre – fidèle à la mission de transmission portée par Tahiti Presse : rendre visible la vitalité du patrimoine immatériel et des identités polynésiennes contemporaines.
Papeete en fleurs : le Matari’i i ni’a 2025 transforme la capitale en fête géante
Sur le front de mer de Papeete, les rues s’empliront de chants et de couleurs. Des chars fleuris, ornés de fruits, de tapa et de fleurs locales, défileront sous la coordination du Conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF). Les orero du Heiva, les troupes Teva i Tai et Royal Band feront vibrer la capitale au rythme du to’ere et du hīmene. Ce spectacle populaire symbolise l’unité retrouvée autour des valeurs d’abondance et de partage. Dans la même énergie que la Journée du pāreu, la fête mobilise écoles, associations et familles du fenua, rassemblées autour du ma’a tahiti collectif du soir.
À Tautira, le Matari’i i ni’a renaît là où tout a commencé
À l’autre extrémité de Tahiti, Tautira accueillera une journée culturelle placée sous le signe de la transmission. L’association Haururu, pionnière de la redécouverte du Matari’i i ni’a dans les années 1990, y proposera des ateliers autour du cycle des Pléiades et des pratiques agricoles anciennes. Les habitants, les écoliers et les artisans se retrouveront au lever du jour pour célébrer la connexion entre ciel et terre. Tahiti Tourisme accompagne la valorisation de ces célébrations, renforçant leur rayonnement patrimonial auprès du grand public et des visiteurs internationaux.
Sous les Pléiades, la Polynésie retrouve le sens du ciel
Le Matari’i i ni’a trouve sa source dans un phénomène astronomique : le retour des Pléiades dans le ciel austral, signe du début de la saison d’abondance. Pour le chercheur maori Rangiānehu Mātāmua, cette célébration relie les peuples de Polynésie au cycle céleste commun à Matariki en Nouvelle-Zélande. Cette dimension cosmique ajoute à la charge émotionnelle d’une fête à la fois populaire et spirituelle, ancrée dans le cœur de chaque Polynésien. Lien ancestral, harmonie retrouvée, gratitude envers la nature : autant de valeurs qui fondent son renouveau. Son sens rejoint celui des mythes évoquant Ta’aroa, le dieu créateur, gardien des cycles du monde et du fenua.
Matari’i i ni’a : quand la Polynésie fait entrer ses traditions dans l’histoire
La reconnaissance du Matari’i i ni’a comme jour férié s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine immatériel polynésien. Ce geste gouvernemental fait écho à l’engagement renouvelé pour la protection des langues, des sites sacrés et des savoirs anciens. À Raiatea, île sacrée et berceau culturel de la Polynésie, le marae de Taputapuātea rappelle la puissance symbolique de ces liens entre le ciel, la mer et les peuples du Pacifique. Une portée spirituelle mise à l’honneur dans l’article Raiatea, île sacrée et berceau culturel de la Polynésie.
À travers cette fête désormais nationale, la Polynésie affirme sa singularité et sa continuité entre passé et présent. Chaque jeune orero, chaque plante déposée sur un char, chaque regard levé vers les étoiles témoigne d’une même volonté : faire vivre l’esprit du Matari’i i ni’a comme symbole du lien entre l’homme, la nature et le temps qui passe.
Super fête pour ce renouveau de vos traditions , j’ai passé l’année 1967 sur Hao avec des visites tous les deux mois à Tahiti , que de merveilleux souvenirs !!! , bonne fête à tous . JP