Tahiti est sous le choc après un glissement de terrain meurtrier survenu dans la nuit à Afaahiti, sur la presqu’île de Taiarapu-Est. Au moins quatre personnes ont perdu la vie, tandis que plusieurs habitants sont toujours recherchés dans les décombres de deux maisons ensevelies. Près d’une cinquantaine de riverains ont été évacués par précaution et un vaste dispositif de secours est mobilisé autour du quartier de Te Honu.
Mise à jour – 27 novembre 2025, 6 h (heure de Tahiti)
Le bilan du glissement de terrain survenu à Afaahiti s’est alourdi : les huit personnes qui étaient toujours recherchées, dont une fillette de 3 ans, ont été retrouvées mortes par les équipes de secours. Les opérations de fouille, menées dans une zone toujours très instable, ont permis de localiser l’ensemble des victimes ensevelies sous les décombres des deux maisons touchées.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a adressé « aux familles touchées par le drame d’Afaahiti tout le soutien de la Nation », saluant l’engagement des pompiers, gendarmes, militaires, personnels communaux et services de l’État mobilisés sur place. À Afaahiti, sur la presqu’île de Tahiti iti, la communauté reste sous le choc alors que les évacuations et l’accompagnement des proches se poursuivent.
À Afaahiti, sur la presqu’île de Tahiti, un pan de montagne s’est effondré dans la nuit de mardi à mercredi sur le quartier de Te Honu, emportant deux habitations et déclenchant l’une des catastrophes naturelles les plus graves de ces dernières années en Polynésie française. En fin de soirée, le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts, tandis que plusieurs personnes sont toujours portées disparues sous les tonnes de terre et de débris.
Selon les autorités, neuf personnes se trouvaient initialement recensées dans les deux maisons frappées par l’éboulement, ce qui laisse craindre un bilan définitif plus lourd. Autour de la zone sinistrée, 29 logements ont été évacués et environ 50 habitants ont été mis à l’abri, le versant restant très instable après un second glissement de terrain survenu en fin de matinée.
Quarante pompiers, des gendarmes, des militaires, le SAMU, des équipes cynophiles, des drones et un hélicoptère Dauphin de l’État sont engagés dans une véritable course contre la montre pour retrouver d’éventuels survivants, dans des conditions rendues extrêmement dangereuses par la mobilité du terrain. Les opérations de secours, coordonnées entre le Haut-commissariat et le gouvernement polynésien, doivent se poursuivre de nuit, au rythme de fenêtres de tir décidées par les experts en fonction du risque de nouveaux éboulements.
Au-delà du drame humain, ce glissement de terrain met en lumière la vulnérabilité des vallées encaissées de Tahiti et les enjeux d’urbanisation en pied de montagne, dans un contexte de pluies intenses de plus en plus fréquentes. Pour les lecteurs extérieurs au fenua, Afaahiti est un village de la commune de Taiarapu-Est, sur la presqu’île de Tahiti, à une quarantaine de kilomètres de Papeete : un territoire à la fois rural et résidentiel, où de nombreuses familles vivent au plus près des pentes. Les autorités annoncent déjà des expertises géotechniques et hydrologiques pour comprendre les causes de l’éboulement et sécuriser durablement le site.
À Tahiti, le bilan provisoire à 21 h
Bilan humain : à 21 h, le bilan provisoire fait état d’au moins quatre victimes décédées, retrouvées dans les décombres des deux maisons ensevelies. Quatre autres personnes, dont un enfant, sont toujours portées disparues et activement recherchées par les secours.
Habitants évacués : au total, 29 logements ont été évacués et environ 50 habitants ont été mis à l’abri par précaution, en raison de l’instabilité persistante du versant. Les autorités rappellent que ce bilan est susceptible d’évoluer au fil des opérations de recherche et des expertises menées sur place.
À Afaahiti, quelles zones évacuées et quelles routes fermées ?
Le sinistre touche le quartier de Te Honu, au fond de la servitude qui borde l’ancienne piscine du même nom, où un pan de montagne d’environ 200 mètres de large pour 30 mètres de haut s’est détaché avant de balayer les habitations en contrebas. Un périmètre de sécurité a été instauré autour du cône d’éboulement, transformant une partie du quartier en zone interdite d’accès. [web:5][web:15]
La route d’accès locale à la servitude a été fermée à la circulation, et la population est appelée à ne pas se rendre sur place pour ne pas gêner les opérations ni s’exposer aux risques de nouveaux glissements. Les déplacements sont fortement déconseillés dans les secteurs de bas de vallée exposés aux ruissellements, même si la route territoriale principale reste ouverte sous surveillance.
Maisons d’Afaahiti au pied d’un versant partiellement effondré après un glissement de terrain à Tahiti.
Glissement de terrain à Tahiti : ce que l’on sait des victimes et des disparus
En fin de journée, quatre corps sans vie avaient été extraits des décombres par les équipes de secours, sous l’autorité de la procureure de la République qui a ouvert une enquête pour homicides involontaires afin de déterminer les causes précises du drame. Les identités complètes des victimes n’étaient pas encore toutes officiellement confirmées, les autorités appelant au respect de l’intimité des familles.
Quatre personnes restaient portées disparues, dont un enfant, selon le dernier point de situation communiqué par les autorités. Les sauveteurs concentrent leurs recherches sur la zone des maisons ensevelies et sur le lit du ruisseau en contrebas, où des débris ont été charriés sur plusieurs dizaines de mètres.
Mesures d’urgence du gouvernement polynésien
Le gouvernement de la Polynésie française s’est rapidement rendu sur place aux côtés du maire de Taiarapu-Est, pour apporter son soutien aux familles touchées et suivre le déploiement des secours. Une cellule d’information du public a été ouverte pour répondre aux questions des habitants, en complément de la cellule d’aide médico-psychologique destinée aux victimes et aux riverains évacués. [web:55][web:63]
En lien avec l’État, les autorités du Pays ont demandé et obtenu le renfort de moyens aériens, terrestres et spécialisés, tout en annonçant des expertises géotechniques pour sécuriser durablement le site et évaluer la nécessité de mesures d’urbanisme plus larges sur le secteur. Cette coordination entre le Haut-commissariat, la commune et le gouvernement vise à gérer l’urgence tout en préparant les décisions à plus long terme sur les zones à risque de la presqu’île de Tahiti.
Hélicoptère de secours survolant le littoral de Tahiti après un glissement de terrain à Afaahiti.
Contexte local et zones à risque
Située sur la presqu’île de Tahiti, la commune de Taiarapu-Est est composée de vallées encaissées où de nombreux lotissements se sont développés en pied de montagne, comme à Afaahiti dans le quartier de Te Honu. Ce relief abrupt, combiné à des épisodes de pluies intenses, rend ces secteurs particulièrement vulnérables aux glissements de terrain, comme l’illustrent déjà d’autres éboulements survenus ces dernières années sur l’île de Tahiti.
Pour les lecteurs extérieurs à la Polynésie française, Afaahiti se trouve à environ 40 kilomètres au sud-est de Papeete, le long de la route de ceinture qui dessert la presqu’île. Ce territoire à la fois rural et résidentiel concentre une partie de la croissance démographique de Tahiti, ce qui pose des enjeux récurrents de sécurisation des berges de rivières, des talus et des secteurs pentus exposés aux fortes pluies.
Réactions et solidarité sur le fenua
Au lendemain du drame, de nombreux habitants de Taiarapu-Est et des communes voisines se sont mobilisés pour proposer hébergement, vêtements, nourriture ou transport aux familles sinistrées. Les réseaux sociaux locaux relaient des dizaines de messages de soutien et d’appels aux dons, tandis que les communes coordonnent l’accueil des évacués avec les services de l’État et du Pays.
Les Églises, associations et structures de quartier annoncent des temps de recueillement et des collectes de première nécessité en faveur des familles touchées d’Afaahiti. Dans l’ensemble du fenua, ce drame ravive le souvenir d’autres catastrophes naturelles et renforce les appels à mieux intégrer les risques de houle, d’inondations et de mouvements de terrain dans l’aménagement du territoire, en particulier dans les vallées les plus exposées.
Suites de l’enquête et perspectives
Une enquête judiciaire pour homicides involontaires a été ouverte afin de déterminer l’origine exacte du glissement de terrain, d’identifier d’éventuels facteurs aggravants et de vérifier le respect des règles d’urbanisme sur la zone impactée. Les expertises géotechniques et hydrologiques, menées à la demande conjointe de l’État et du gouvernement polynésien, devront préciser l’état du versant et proposer des scénarios de sécurisation ou de mise en protection des habitations situées en contrebas.
Dans l’immédiat, les autorités concentrent leurs efforts sur la poursuite des recherches et l’accompagnement des familles endeuillées ou évacuées, tout en annonçant des retours d’expérience pour adapter les plans communaux de sauvegarde et les dispositifs d’alerte en cas de fortes pluies. À plus long terme, ce drame d’Afaahiti pourrait conduire à revoir certains zonages de risques sur Tahiti et à accélérer les politiques de prévention dans l’ensemble des archipels de Polynésie française.