Miss Tahiti face au buzz : le clip de rap qui bouscule Miss France 2026

Miss Tahiti face au buzz : le clip de rap qui bouscule Miss France 2026

En pleine dernière ligne droite avant Miss France 2026, Hinaupoko Devèze, Miss Tahiti 2025, se retrouve au centre d’une nouvelle polémique. Une figuration dans un clip de rap tourné en métropole en 2021 refait surface et alimente le buzz dans les médias hexagonaux. Au fenua, beaucoup rappellent au contraire le parcours de la jeune Marquise, son engagement et le rôle d’ambassadrice qu’elle s’apprête à jouer pour la Polynésie française.

Favorite déclarée de Miss France 2026, Hinaupoko Devèze voit son nom associé depuis quelques jours à un clip de rap tourné en 2021 avec le rappeur Koba LaD, aujourd’hui incarcéré. La jeune femme y apparaît brièvement comme figurante, dans le cadre de son activité de mannequin en métropole, bien avant son sacre à Tahiti. À trois jours de l’élection au Zénith d’Amiens, cette séquence ressort dans plusieurs médias people et sur les réseaux sociaux, où certains s’interrogent sur la compatibilité entre cet univers très codé du rap et l’image attendue d’une candidate à Miss France.

Alors que le buzz enfle en France, le fenua suit l’affaire avec un autre regard. En Polynésie, beaucoup voient d’abord une jeune femme marquisienne revenue au pays, élue Miss Tahiti 2025 à Pirae et engagée sur des sujets de société qui touchent la jeunesse. Son parcours et ses engagements ont déjà été détaillés dans un premier portrait publié sur Tahiti Presse.

Cette nouvelle polémique intervient quelques semaines après un autre épisode médiatique, lorsque Hinaupoko a été citée parmi les candidates rappelées à l’ordre durant le voyage de préparation en Martinique. Là encore, la jeune Miss avait pris la parole pour défendre son sérieux et son respect des règles du concours, tout en dénonçant des rumeurs qu’elle jugeait exagérées. À l’heure où le jury et le public s’apprêtent à départager les 30 prétendantes, une question traverse désormais à la fois les plateaux télé, les réseaux et les réseaux du fenua : ce passé de figurante dans un clip de rap pèsera-t-il sur ses chances de décrocher une sixième couronne pour la Polynésie française, ou ne sera-t-il qu’un épisode de plus dans le parcours d’une Miss Tahiti très exposée ?

Le clip de rap qui met Miss Tahiti au cœur du buzz

Au cœur de cette nouvelle controverse, un clip de rap tourné en 2021 en région parisienne : Doudou, du rappeur Koba LaD en featuring avec Naps. Hinaupoko Devèze y apparaît alors sous son prénom français, Céline, comme figurante et mannequin, dans une esthétique très éloignée des codes habituels des concours de beauté. On la voit notamment à l’arrière d’une voiture, au milieu d’un univers de fête, d’alcool et de référence aux stupéfiants.

Depuis, le contexte autour de l’artiste principal a radicalement changé : Koba LaD a été condamné à plusieurs années de prison à la suite d’un accident de la route mortel, sur fond d’excès de vitesse et de consommation de drogue. La ressortie du clip à quelques jours de Miss France 2026 alimente donc un récit médiatique où la figure de la Miss se trouve associée à celle d’un rappeur aujourd’hui incarcéré.

Sur les réseaux sociaux et dans certains médias hexagonaux, plusieurs critiques reviennent :

  • Le décalage entre l’image de « jeune femme exemplaire » et l’univers très codé du clip de rap.
  • La question de savoir si ce type de participation est compatible avec le règlement et « l’esprit » de Miss France.
  • Le fait que cette séquence refasse surface alors qu’Hinaupoko est présentée comme l’une des grandes favorites.

Pour de nombreux observateurs au fenua, cette lecture purement hexagonale ne reflète que partiellement le chemin parcouru par la jeune femme depuis son retour en Polynésie, déjà détaillé dans l’article « Au cœur de la réussite d’Hinaupoko, Miss Tahiti 2025 », qui met en avant son mana marquisien et sa capacité à transformer les épreuves en moteur.

« Je ne l’ai jamais caché » : la mise au point d’Hinaupoko Devèze

Face au buzz, Hinaupoko Devèze insiste sur un point central : pour elle, ce tournage de 2021 est un travail de mannequinat comme un autre, réalisé à l’époque où elle étudiait le droit en métropole. Elle explique avoir été contactée en tant que modèle et avoir accepté une figuration rémunérée, sans imaginer qu’elle serait un jour jugée plusieurs années plus tard à la lumière de son statut de Miss.

« C’était une expérience professionnelle parmi d’autres, je ne l’ai jamais cachée. Je voulais surtout savoir si cela pouvait poser problème si je me présentais un jour à un concours de Miss », résume-t-elle en substance dans les interviews récentes.

La jeune femme souligne également la question des prénoms : comme beaucoup de Polynésiens, elle possède un prénom français et un prénom polynésien. Elle dit utiliser « Céline » dans le cadre professionnel en métropole et « Hinaupoko » lorsqu’elle représente son île et ses racines au fenua, par fierté culturelle. Pour elle, il ne s’agit pas de cacher son identité, mais d’assumer cette double appartenance.

Cette séquence intervient dans un contexte déjà tendu, après un rappel à l’ordre général des candidates durant le voyage de préparation en Martinique, épisode au cours duquel son nom a été associé à des rumeurs de comportement inapproprié. Hinaupoko s’était alors expliquée en réaffirmant son sérieux, son respect du règlement et sa volonté de donner le meilleur d’elle‑même, ce que Tahiti Presse avait déjà mis en avant en présentant les arguments en faveur d’une sixième couronne dans « Objectif 6e couronne pour Miss Tahiti ».

Au fenua, un autre regard sur la polémique Miss Tahiti

Si la polémique prend de l’ampleur dans les médias hexagonaux, au fenua, beaucoup choisissent d’abord de regarder le parcours global d’Hinaupoko Devèze. Originaire des Marquises par sa mère, revenue vivre en Polynésie après de longues années passées en métropole, la jeune femme porte sur ses épaules les espoirs d’une population qui se reconnaît dans son histoire de retour aux racines, de doutes, puis de reconstruction.

Autour d’elle, comités, proches et anonymes rappellent que Miss Tahiti n’est pas seulement un visage sur scène, mais une ambassadrice de la Polynésie française, de ses valeurs et de sa jeunesse. Pour beaucoup, le débat dépasse largement le cadre d’un ancien clip de rap et pose la question de l’image que donnera Miss France des parcours réels des jeunes femmes ultramarines.

Dans ce contexte, la question est double : cette polémique pèsera-t‑elle sur le vote du jury et du public, ou renforcera‑t‑elle au contraire la mobilisation du fenua derrière sa candidate ? Une partie de ces interrogations avait déjà été posée dans l’article « Miss Tahiti : IA place Hinaupoko dans le trio de tête », où un modèle d’intelligence artificielle la plaçait parmi les favorites, aux côtés de Miss Nord–Pas‑de‑Calais et Miss Guadeloupe.

De la métropole au fenua : le vrai parcours d’Hinaupoko

Derrière le débat sur un clip, c’est toute la trajectoire d’Hinaupoko Devèze qui apparaît en filigrane : années passées en métropole, expériences de mannequinat, puis décision de revenir s’installer au fenua pour se rapprocher de sa famille et de sa culture. Ce cheminement entre deux mondes explique aussi l’usage de son prénom français dans certaines expériences professionnelles et de son prénom polynésien lorsqu’elle représente le fenua.

Son élection à Pirae en juin 2025 a marqué un tournant, en faisant d’elle la nouvelle Miss Tahiti, vitrine d’une génération connectée et engagée. La séquence autour du clip de rap s’inscrit désormais comme un épisode parmi d’autres dans une histoire plus large, marquée par la volonté de faire rayonner le fenua au‑delà des clichés.

À quelques jours de Miss France 2026, l’enjeu pour Hinaupoko Devèze dépasse donc la seule couronne : il s’agit aussi de montrer qu’une Miss peut avoir un passé professionnel divers, tout en porter fièrement la culture polynésienne et un message de fond. Ce chemin avait déjà été esquissé dans « Miss Tahiti 2025 : Hinaupoko Deveze veut briser un tabou », où elle affirmait vouloir utiliser sa visibilité pour parler de santé mentale et de bien‑être, des thèmes encore sensibles dans la société polynésienne.

5 couronnes déjà : ce que représente Miss Tahiti à Miss France

Au‑delà du cas d’Hinaupoko Devèze, cette affaire ravive aussi la mémoire d’une histoire déjà riche entre la Polynésie française et le concours Miss France. En soixante‑quinze ans d’existence, le fenua a déjà décroché cinq couronnes nationales, faisant de Miss Tahiti l’un des comités les plus respectés du pays, avec des candidates souvent très attendues par le public et les médias hexagonaux.

Cette attente crée une pression supplémentaire sur les épaules des jeunes femmes issues du fenua : chaque détail de leur passé, de leur parcours ou de leur image est scruté, parfois plus sévèrement que pour d’autres régions. Dans le cas d’Hinaupoko, le débat autour d’un clip de rap pose aussi la question de l’adaptation des critères de « respectabilité » à la réalité des carrières modernes, où les expériences dans la musique, la mode ou les réseaux sociaux sont devenues courantes. Tahiti Presse avait déjà souligné ces enjeux de représentation et de responsabilité dans l’article « Miss Tahiti : 5 couronnes et des défis relevés », en revenant sur les défis rencontrés par les anciennes Miss Tahiti une fois devenues Miss France.

Miss France 2026 : cette polémique peut‑elle vraiment tout changer pour Hinaupoko ?

À l’approche de la soirée d’élection, une certitude se dessine : la polémique autour du clip ne sera pas le seul élément pris en compte dans le parcours d’Hinaupoko Devèze. Le jury, le public métropolitain et le fenua observeront aussi sa prestation sur scène, sa prise de parole, sa capacité à incarner les valeurs de Miss France tout en assumant un itinéraire personnel marqué par les allers‑retours entre métropole et Polynésie. Pour beaucoup de Polynésiens, le véritable enjeu est de savoir si cette Miss au parcours multiple pourra, malgré le bruit médiatique, imposer son propre récit.

Quelle que soit l’issue de la soirée, cette séquence laissera des traces dans la manière dont les jeunes femmes polynésiennes envisagent les concours de beauté : entre rêves de couronne, exposition médiatique intense et nécessité d’assumer un passé professionnel parfois jugé à l’aune de critères très métropolitains. Reste à voir si l’histoire retiendra surtout la polémique d’un clip ou l’image d’une Miss Tahiti qui aura, une fois encore, placé la Polynésie française au centre de l’attention nationale.

À propos de l'auteur :

Hina
Hina Teariki

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

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