Tahiti‑Faa’a : après les fermetures du week‑end, quel trafic ce mardi matin ?

Tahiti‑Faa’a : après les fermetures du week‑end, quel trafic ce mardi matin ?

Après plusieurs coupures inédites de la tour de contrôle dimanche et lundi, l’aéroport de Tahiti‑Faa’a fonctionne à nouveau normalement ce mardi 16 décembre au matin. Mais la grève des contrôleurs se poursuit et un préavis court jusqu’à la fin du mois, laissant planer le risque de nouvelles perturbations à l’approche des fêtes.

Ce mardi 16 décembre, à 6 heures, le contrôle aérien de Tahiti‑Faa’a est assuré normalement et aucune nouvelle fermeture de la tour n’est annoncée pour la journée au moment de la publication de cet article. Les passagers au départ et à l’arrivée de Tahiti peuvent donc, pour l’instant, compter sur un trafic à peu près fluide, après deux journées marquées par des suspensions partielles du service.

Dimanche 14 décembre, la tour avait déjà été contrainte de couper ses services entre 17 h et 17 h 30. Lundi 15 décembre, la situation s’est tendue un peu plus, avec deux plages d’interruption : de 12 h à 12 h 45, puis de 17 h à 20 h. Durant ces créneaux, seules les évacuations sanitaires et les urgences ont été prises en charge, tandis que les vols commerciaux étaient programmés en dehors de ces horaires. Une configuration exceptionnelle, mais qui s’est répétée à plusieurs reprises en 2025, dans un contexte de sous‑effectif structurel à la tour de contrôle.

Dans un communiqué, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) explique que ces coupures de lundi font suite aux “absences inopinées de deux contrôleurs aériens” dans le tour de service, ne permettant plus d’assurer le contrôle dans les conditions requises de sécurité. Le Service d’État de l’aviation civile en Polynésie française (SEAC‑PF) affirme s’être coordonné avec les compagnies aériennes pour limiter les impacts sur les passagers et rappelle ses excuses à l’ensemble des usagers touchés par ces interruptions.

Officiellement, ces fermetures ne sont pas rattachées directement au mouvement de grève en cours, mais surviennent dans un climat de sous‑effectif et de fatigue où certains contrôleurs ont atteint leur nombre maximal annuel d’heures de contrôle. La DGAC souligne par ailleurs que si l’effectif théorique (35 agents) est présent, une douzaine de contrôleurs restent encore en formation et ne peuvent pas renforcer le tour de service tant que leur cursus n’est pas pleinement débloqué.

Fermetures de la tour à Tahiti‑Faa’a : ce qui s’est passé dimanche et lundi

Le week‑end a d’abord basculé dimanche 14 décembre, avec une première fermeture de la tour de contrôle de Tahiti‑Faa’a entre 17 h et 17 h 30. Pour les voyageurs, l’épisode est passé relativement inaperçu, les vols ayant été reprogrammés ou adaptés en amont, mais il a confirmé la fragilité de l’organisation du contrôle aérien.

Lundi 15 décembre, la situation a pris une tout autre ampleur. Deux coupures ont été décidées : une première de 12 h à 12 h 45, puis une seconde, beaucoup plus longue, de 17 h à 20 h. Pendant ces créneaux, seules les évacuations sanitaires et les urgences ont été assurées, la tour de contrôle n’ouvrant pas pour les vols commerciaux. Concrètement, le dernier vol d’Air Tahiti avant la coupure de l’après‑midi a décollé à 15 h 25, et le prochain long‑courrier d’Air Tahiti Nui était programmé à 23 h 59, en dehors de la plage fermée.

Dans un communiqué, la DGAC explique que ces suspensions de service font suite à des « absences inopinées de deux contrôleurs aériens » dans le tour de service, rendant impossible le maintien d’un niveau de sécurité jugé acceptable. Le SEAC‑PF affirme s’être coordonné en amont avec les compagnies pour limiter les annulations et privilégier les reports de vols, tout en présentant ses excuses aux usagers. Cette situation reste toutefois exceptionnelle pour un aéroport international qui concentre l’essentiel du trafic du fenua.

À retenir pour les passagers :

  • Les fermetures ont eu lieu dimanche soir, puis lundi en milieu et fin de journée.
  • Seules les évacuations sanitaires ont été traitées pendant les coupures.
  • Les vols commerciaux ont été regroupés ou décalés hors des plages sans contrôle.

Sous‑effectif à Tahiti‑Faa’a : formation bloquée et mise en garde des autorités

Derrière ces fermetures répétées, les autorités mettent en avant un sous‑effectif structurel plus qu’un simple effet de la grève en cours. Selon la DGAC, l’effectif théorique nécessaire au bon fonctionnement de la tour s’élève à 35 contrôleurs, nombre atteint sur le papier. Mais une douzaine d’entre eux sont encore en formation et ne peuvent pas intégrer le tour de service, ce qui réduit mécaniquement le nombre d’agents opérationnels disponibles pour assurer les vacations.

Ce blocage de la formation est désormais au cœur du discours officiel. La DGAC et le SEAC‑PF insistent sur « l’urgence de reprendre la formation des contrôleurs » afin de pouvoir renforcer les équipes et éviter de nouvelles coupures du contrôle aérien. Dans le même temps, certains contrôleurs déjà en poste auraient atteint leur plafond annuel d’heures de contrôle, ce qui limite encore davantage la souplesse de l’organisation des plannings.

Situation actuelle à Tahiti‑Faa’a Conséquence sur le trafic
Absences inopinées dans un effectif déjà tendu Fermetures temporaires de la tour de contrôle
12 contrôleurs encore en formation Moins d’agents disponibles dans le tour de service
Plafond d’heures atteint pour certains contrôleurs Impossibilité de prolonger les vacations pour “sauver” la continuité

Dans ce contexte, le préavis qui couvre la période du 16 au 31 décembre, déjà évoqué dans votre article « Grève à Tahiti‑Faa’a : quels risques pour les vols de Noël », continue de peser sur la fin d’année. Le trafic de ce mardi matin est normal, mais l’équilibre reste précaire et les autorités comme les compagnies invitent les voyageurs à suivre de près les informations actualisées en cas de nouvelles tensions sur les effectifs.

À propos de l'auteur :

Hina
Hina Teariki

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x